Les États-Unis s’apprêtent à réduire fortement leur présence militaire au Nigeria. Environ 200 militaires américains, déployés depuis février pour appuyer les autorités nigérianes dans la lutte contre les groupes armés, doivent quitter le pays d’ici à la fin septembre 2026. De petites équipes spécialisées devraient toutefois rester sur place afin de poursuivre les missions de formation et de renseignement.
Ce déploiement américain avait été mis en place à la demande du Nigeria. La mission des militaires américains était officiellement non combattante et reposait principalement sur la formation des forces nigérianes, l’appui technique et le partage de renseignements. Washington présente désormais cette opération comme un modèle potentiel pour de futures interventions limitées en Afrique.
La décision de réduire le dispositif intervient après une opération majeure menée conjointement par les forces américaines et nigérianes le 16 mai dernier dans le nord-est du pays. L’opération avait ciblé des combattants de l’État islamique et conduit, selon le commandement américain, à la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme le directeur des opérations mondiales de Daesh, ainsi que de plusieurs autres responsables du groupe.
Abu-Bilal al-Minuki avait également été présenté par les autorités américaines et nigérianes comme le numéro deux mondial de l’organisation. Il était notamment décrit comme un responsable chargé d’activités stratégiques liées aux opérations, au financement, aux médias ainsi qu’au développement d’armes et de drones.
Cette opération a été considérée par Washington comme un sérieux coup porté à la direction de l’organisation. Elle n’a cependant pas mis fin à la menace terroriste dans la région, où l’État islamique en Afrique de l’Ouest, Boko Haram et d’autres groupes armés continuent de représenter un défi majeur pour les forces nigérianes.
Le retrait annoncé ne signifie donc pas une rupture de la coopération militaire entre les deux pays. Le porte-parole du quartier général de la défense nigériane, le général Samaila Uba, a insisté sur le fait que le départ d’environ 200 personnels américains ne devait pas être interprété comme la fin du partenariat sécuritaire entre Abuja et Washington.
Des équipes américaines plus réduites, notamment des formateurs et des analystes du renseignement, devraient continuer à travailler avec les forces nigérianes après le départ du principal contingent. Le partage d’informations et l’appui aux opérations antiterroristes devraient ainsi se poursuivre, malgré la diminution de la présence américaine sur le terrain.
Pour Abuja, l’enjeu reste considérable. Le Nigeria est confronté depuis plusieurs années à une crise sécuritaire complexe, particulièrement dans le nord-est, mais également dans d’autres régions du pays. Les violences touchent différentes communautés religieuses et sont liées à une multiplicité de groupes et de facteurs.
