L’agence nigériane chargée de lutter contre la corruption a été contrainte de sanctionner plusieurs de ses propres employés. Plus de 40 agents de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) ont été licenciés pour des faits de corruption et de malversations financières au cours des trois dernières années.
L’annonce a été faite par le président de l’EFCC, Ola Olukoyede, qui assure que l’institution entend appliquer à son propre personnel les principes qu’elle est chargée de faire respecter à l’échelle nationale.
Ces licenciements ne résultent toutefois pas d’une seule opération récente. Il s’agit de sanctions prononcées progressivement sur une période de près de trois ans, dans le cadre de différentes procédures disciplinaires internes.
Selon Ola Olukoyede, plusieurs anciens agents concernés font déjà l’objet de poursuites judiciaires. Plus de cinq dossiers ont ainsi été portés devant les tribunaux, tandis que d’autres procédures pourraient déboucher sur de nouvelles poursuites.
L’EFCC a également annoncé un renforcement de ses mécanismes internes de contrôle. L’agence a notamment durci ses règles concernant les cadeaux et avantages susceptibles d’être reçus par ses agents, dans le but de réduire les risques de conflits d’intérêts et de corruption.
Cette affaire met en lumière un défi majeur pour les institutions chargées de combattre la corruption : garantir leur propre intégrité.
Au Nigeria, l’EFCC joue un rôle central dans les enquêtes sur les détournements de fonds, le blanchiment d’argent et diverses formes de criminalité financière. Les révélations concernant des pratiques de corruption au sein même de l’agence constituent donc un enjeu important pour sa crédibilité.
Pour sa direction, ces sanctions doivent au contraire démontrer que les agents de l’EFCC ne bénéficient d’aucune immunité et peuvent eux aussi faire l’objet d’enquêtes, de licenciements et de poursuites lorsqu’ils sont soupçonnés d’avoir enfreint la loi.
