Cacao : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun s’allient pour transformer davantage leur production en Afrique

Les quatre plus grands producteurs africains de cacao franchissent une étape historique. Réunis ce mardi à Abuja, au Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé la Déclaration d’Abuja, donnant naissance à la Cocoa Value Addition Alliance (CVAA), une alliance destinée à renforcer la transformation locale du cacao et à accroître la valeur ajoutée de cette filière stratégique.

À eux seuls, ces quatre pays représentent près des deux tiers de la production mondiale de cacao. Leur ambition est de réduire progressivement leur dépendance aux exportations de fèves brutes, afin de développer des industries locales de transformation, créer davantage d’emplois et capter une part plus importante des revenus générés par le marché mondial du chocolat.

Cette nouvelle alliance s’inscrit dans la continuité de la coopération engagée entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, deux leaders mondiaux du cacao, qui avaient renouvelé leur partenariat en juin dernier à Abidjan. En élargissant cette coopération au Nigeria et au Cameroun, les quatre États espèrent également renforcer leur pouvoir de négociation face aux industriels et aux grands acheteurs internationaux.

L’un des premiers dossiers sur lesquels les membres de l’alliance entendent parler d’une seule voix concerne le règlement européen contre la déforestation (EUDR), dont l’entrée en vigueur est prévue en décembre 2026. Les pays producteurs souhaitent que les nouvelles exigences de traçabilité ne fassent pas peser des coûts supplémentaires sur les petits producteurs de cacao, déjà confrontés à de nombreux défis économiques.

Le ministre d’État nigérian de l’Industrie, John Owan Enoh, a estimé qu’il était temps pour l’Afrique de tirer davantage profit de sa richesse cacaoyère. « Pendant cent ans, l’Afrique a envoyé son cacao au monde en sacs et l’a reçu en retour sous forme de chocolat emballé, en payant aux deux bouts de la transaction », a-t-il déclaré.

Les quatre pays tiennent toutefois à préciser qu’il ne s’agit pas d’un arrêt immédiat des exportations de fèves brutes. L’objectif est de construire, sur le long terme, une industrie africaine du cacao plus forte, plus compétitive et davantage tournée vers la transformation locale, afin que les principaux producteurs bénéficient d’une plus grande part de la valeur créée par cette filière.

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