La crise politique entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais franchit un nouveau cap. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a vivement attaqué le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, allant jusqu’à menacer de faire tomber le gouvernement « autant de fois qu’il sera nécessaire » grâce à la majorité parlementaire dont dispose son parti, le Pastef.
S’exprimant dimanche à Touba, Ousmane Sonko a accusé le président de la République de s’éloigner des engagements souverainistes qui avaient conduit leur camp au pouvoir. Selon lui, l’exécutif renonce notamment à la renégociation de certains contrats stratégiques conclus avec des multinationales, en particulier dans le secteur des ressources naturelles.
L’ancien Premier ministre a également reproché à Bassirou Diomaye Faye de privilégier ses ambitions politiques au détriment des préoccupations des Sénégalais. Il a notamment évoqué la situation de la dette publique, l’absence de programme avec le Fonds monétaire international (FMI) et les difficultés économiques auxquelles le pays est confronté. « Nous avons l’Assemblée nationale, donc nous avons des leviers pour lui faire face », a-t-il déclaré devant ses partisans.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre les deux anciens alliés. Après avoir été écarté de la Primature en mai dernier, Ousmane Sonko a été élu quelques jours plus tard à la présidence de l’Assemblée nationale, où le Pastef dispose d’une confortable majorité. Depuis, les désaccords entre les deux hommes se sont multipliés, notamment autour de la répartition des pouvoirs entre l’exécutif et le Parlement.
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô n’a pas tardé à réagir. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a rejeté les accusations du président de l’Assemblée nationale, estimant que « chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir ». Cette nouvelle passe d’armes confirme l’installation d’une profonde fracture au sommet de l’État sénégalais, qui pourrait peser durablement sur la stabilité politique du pays.
