La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, traverse une crise sans précédent. Depuis plusieurs mois, des milliers de tonnes de fèves restent immobilisées au port d’Abidjan, faute de validation des connaissements, ces documents indispensables à l’exportation. Résultat : un port saturé, des camions bloqués et des entrepôts débordants.
Le 6 janvier 2026, la plateforme SYNAPCI-ANAPROCI s’est rendue sur place pour constater l’ampleur du blocage. « C’est le désastre », résume-t-elle, dénonçant une défaillance de gouvernance dans une filière pourtant vitale pour l’économie ivoirienne.
Les producteurs en détresse
Premières victimes de cette paralysie, les planteurs voient leurs revenus s’effondrer. Dans certaines localités, le cacao se négocie à 2 000 francs CFA, bien en dessous du prix officiel. « Cela fait plusieurs mois que nous ne vivons plus dignement », confie un producteur, exprimant la détresse croissante du monde paysan.
Les transporteurs ne sont pas épargnés. Camions immobilisés, frais supplémentaires et pression financière fragilisent leur activité. « Chaque jour, on nous promet un déchargement pour demain. Finalement, on ne sait plus où donner de la tête », témoigne un chauffeur.
Une gouvernance contestée
Face à ce qu’elle qualifie de « désastre économique », la plateforme SYNAPCI-ANAPROCI pointe directement le Directeur général du Conseil Café-Cacao (CCC), Yves Brahima Koné. Les présidents Koné Moussa (SYNAPCI) et Kanga Koffi (ANAPROCI) dénoncent une gestion inefficace et réclament son départ. Ils rappellent avoir alerté les autorités dès décembre 2025, lors d’une conférence de presse assortie d’un préavis de grève, suspendu pour donner une chance au dialogue… sans résultat.
L’État sommé d’agir
La crise menace désormais l’ensemble de l’économie nationale. La plateforme appelle à une intervention urgente du Président Alassane Ouattara et de son gouvernement pour mettre en place un plan d’urgence. Selon des sources proches du dossier, la présidence suivrait de près la situation et aurait donné instruction pour qu’aucune fève ne reste stockée dans les zones de production.
Une filière en alerte maximale
Le cacao, pilier de l’économie ivoirienne et source de revenus pour des millions de familles, est aujourd’hui au bord de l’asphyxie. La filière est en alerte maximale. Reste à savoir si les mesures annoncées suffiront à désamorcer une crise qui fragilise producteurs, transporteurs et exportateurs, et menace l’équilibre économique du pays.


