La guerre en cours au Moyen-Orient, déclenchée depuis fin février, pourrait plonger jusqu’à 32 millions de personnes dans la pauvreté à travers 162 pays, a averti lundi 13 avril 2026, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), dans une nouvelle analyse des impacts économiques du conflit.
Selon l’agence onusienne, les effets de cette crise dépassent largement les zones directement touchées par les combats, affectant particulièrement les pays aux marges budgétaires limitées, confrontés à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
« La guerre fait reculer le développement : en quelques semaines, un conflit peut anéantir ce que les pays ont construit au fil des années », a déclaré Alexander De Croo.
Le rapport souligne que la moitié de l’augmentation mondiale de la pauvreté concerne 37 pays importateurs nets d’énergie, particulièrement vulnérables aux chocs énergétiques. En dépit de l’annonce d’un cessez-le-feu, le conflit est entré dans une phase dite « durable », accentuant les risques d’aggravation de la pauvreté.
Dans la région des États arabes, près de 4 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté, notamment au Levant et dans des pays fragiles comme le Yémen et le Soudan.
Le PNUD prévoit également une contraction du produit intérieur brut pouvant atteindre 6 %, soit jusqu’à 194 milliards de dollars de pertes économiques. En Afrique subsaharienne, 29 monnaies se sont déjà dépréciées, renchérissant les importations et le service de la dette.
Pour atténuer ces effets, l’organisation préconise des transferts monétaires ciblés aux ménages vulnérables, estimant à environ six milliards de dollars les besoins nécessaires, tout en déconseillant les subventions énergétiques généralisées, jugées coûteuses et inefficaces.
