La Fédération française de football (FFF) tourne désormais le dos à Gianni Infantino. Réuni jeudi 10 septembre, le comité exécutif de l’instance française a décidé à l’unanimité de retirer son soutien au président de la FIFA, candidat à sa réélection en mars 2027.
Cette décision marque une rupture importante après plus de dix ans de soutien français au dirigeant italo-suisse. La FFF avait notamment contribué à son élection à la tête de la FIFA en 2016 et lui avait encore apporté son soutien en juin dernier, alors qu’il était à ce moment-là le seul candidat déclaré pour le prochain scrutin.
Mais la position française a évolué à la suite de plusieurs mois de tensions autour de la gouvernance de la FIFA. Au cœur de la crise figure notamment le projet FIFA Forward Enterprise, présenté par Gianni Infantino et visant à créer une société commerciale permettant notamment l’ouverture d’une partie des droits liés aux compétitions de la FIFA à des investisseurs privés.
Le projet, qui avait suscité une forte opposition au sein du football mondial, a finalement été abandonné au début du mois d’août. Pour la FFF, cet épisode a cependant profondément affecté la confiance accordée à la direction de la FIFA.
Le président de la Fédération française, Philippe Diallo, estime notamment qu’un projet d’une telle ampleur ne pouvait être élaboré sans consultation préalable des fédérations membres. Il considère désormais que le fonctionnement actuel de la FIFA ne correspond plus suffisamment aux exigences de transparence et de gouvernance attendues de l’instance dirigeante du football mondial. (Le Monde.fr)
« La confiance placée dans le président de la FIFA a été rompue », a déclaré Philippe Diallo, qui estime également que la manière dont le football mondial est actuellement dirigé ne correspond plus à la vision défendue par la Fédération française.
La FFF rejoint ainsi plusieurs grandes fédérations européennes qui ont déjà retiré leur soutien à Gianni Infantino. L’Angleterre et l’Italie figurent notamment parmi les pays ayant pris leurs distances avec le président de la FIFA. L’UEFA, la Confédération asiatique et la CONCACAF souhaitent également voir évoluer la gouvernance de l’organisation. (Reuters)
Pour autant, la Fédération française ne soutient pas encore un candidat alternatif. Philippe Diallo estime qu’il faut d’abord définir un projet de réforme de la gouvernance de la FIFA avant de choisir la personnalité capable de le porter. La FFF prévoit ainsi de consulter des experts nationaux et internationaux afin de contribuer à l’élaboration d’une nouvelle orientation pour l’organisation. (Le Monde.fr)
Le retrait français constitue néanmoins un revers politique pour Gianni Infantino, qui conserve encore des soutiens importants à travers plusieurs confédérations. La Confédération africaine de football (CAF) et la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) continuent notamment de soutenir sa candidature. (Reuters)
L’élection présidentielle de la FIFA doit se tenir le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre 2026. Malgré la contestation croissante en Europe, Infantino reste pour l’heure en position favorable, notamment en raison du soutien dont il dispose auprès de nombreuses fédérations nationales. (Reuters)
Le retrait de la France ne signifie donc pas nécessairement que Gianni Infantino est en danger immédiat pour sa réélection. Il confirme toutefois l’existence d’une fracture politique de plus en plus nette au sein du football mondial et place désormais la question de la gouvernance de la FIFA au centre de la prochaine bataille présidentielle.
