L’Afrique subsaharienne se retrouve encore une fois au bas du classement mondial de la corruption, selon la dernière édition de l’indice annuel publié par l’organisation spécialisée dans la transparence et l’intégrité. Cette situation met en évidence les défis persistants auxquels sont confrontés de nombreux pays de la région pour renforcer l’éthique publique, combattre les détournements et restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.
L’indice mesure les perceptions de corruption dans le secteur public à travers le monde, en évaluant les pratiques, les mécanismes de contrôle et la transparence des administrations publiques. Dans cette évaluation, plusieurs États d’Afrique subsaharienne se retrouvent mal placés, reflétant des difficultés structurelles liées à la gouvernance, à la faiblesse des systèmes judiciaires et au manque de mécanismes efficaces de prévention et de sanction.
Les acteurs institutionnels et les organisations de la société civile de la région soulignent que ce classement est le résultat de décennies de pratiques opaques, de collusions entre acteurs publics et privés, ainsi que d’un manque de volonté politique pour instaurer des réformes profondes. Ils estiment que la perception de la corruption impacte négativement les investissements, la croissance économique ainsi que l’accès équitable aux services publics essentiels.
Dans plusieurs pays, des efforts ont été entrepris pour améliorer la transparence budgétaire, renforcer les organes de contrôle et mettre en place des cadres juridiques plus stricts. Toutefois, ces initiatives sont encore loin d’apporter des résultats tangibles à grande échelle, en raison notamment de l’insuffisance des moyens, du manque d’indépendance de certaines institutions et de l’influence persistante d’intérêts particuliers.
Les experts appellent à des actions concertées entre gouvernements, parlements, société civile et partenaires internationaux pour promouvoir une culture de responsabilité et renforcer les systèmes judiciaires capables de sanctionner efficacement les actes de corruption. Ils soulignent également l’importance d’une meilleure transparence des marchés publics et de l’accès à l’information comme outils de lutte contre les pratiques corruptives.


