Sommet Russie-Afrique : Moscou mise sur les échanges économiques, l’Union africaine exige des résultats concrets

Le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert le mercredi 28 octobre 2026 à Moscou, en présence de représentants de 48 pays africains, dont 22 chefs d’État. Organisée sur deux jours, cette rencontre vise à renforcer les relations économiques, diplomatiques et sécuritaires entre la Russie et le continent africain, dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes puissances.

Le président russe, Vladimir Poutine, a mis en avant les perspectives de coopération dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé et des technologies numériques. Il a également annoncé vouloir accroître les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique, qui ont dépassé 27 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2022, selon les chiffres avancés par le Kremlin.

Malgré cette progression, le volume des échanges reste limité au regard des relations commerciales que le continent entretient avec d’autres partenaires internationaux. Les échanges sont également déséquilibrés, la Russie exportant davantage vers l’Afrique qu’elle n’importe du continent. Les investissements russes restent, eux aussi, relativement modestes.

Président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État burundais Évariste Ndayishimiye a appelé Moscou à dépasser les déclarations d’intention. Il a plaidé pour des accords commerciaux, des investissements et des initiatives humanitaires capables de produire des effets tangibles sur les populations africaines. L’organisation continentale souhaite notamment que les partenariats contribuent au développement des capacités locales et à la création de richesses sur le continent.

Le sommet doit également permettre de renforcer la coopération dans l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et les technologies. Moscou entend notamment partager son savoir-faire et encourager la transformation locale des matières premières, tandis que les pays africains cherchent à diversifier leurs partenaires et à obtenir des investissements répondant à leurs priorités de développement.

Au-delà des annonces diplomatiques, la concrétisation des engagements sera donc déterminante pour la suite du partenariat. Pour l’Union africaine, l’enjeu est de traduire les accords conclus en projets financés, en emplois et en retombées économiques mesurables pour les populations.

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