Une première condamnation vient marquer l’application de la nouvelle loi renforçant la répression de l’homosexualité au Sénégal. Un homme de 24 ans a été condamné à six ans de prison ferme ainsi qu’à une amende de deux millions de francs CFA par un tribunal de la banlieue de Dakar.
Il s’agit de la première décision judiciaire rendue depuis l’adoption, en mars dernier, d’un texte qui durcit considérablement les sanctions. La nouvelle législation prévoit désormais des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement, contre un maximum de cinq ans auparavant, et criminalise également toute forme de « promotion » de l’homosexualité.
Selon les informations disponibles, le jeune homme a été interpellé en flagrant délit, dans un contexte où les arrestations se multiplient depuis plusieurs semaines. Depuis février, une soixantaine de personnes auraient déjà été arrêtées dans le cadre de cette répression accrue, souvent à la suite de dénonciations ou d’enquêtes menées par les forces de sécurité.
Des organisations internationales de défense des droits humains avaient exprimé leurs inquiétudes avant même l’adoption de la loi, estimant qu’elle pourrait accentuer les discriminations et exposer davantage les personnes concernées à des violences.
Dans le même temps, les autorités sénégalaises assument ce durcissement législatif, présenté comme une réponse à des attentes sociétales et à une volonté politique affirmée. Le texte avait été adopté à une large majorité par les députés avant d’être promulgué par le président.
Plusieurs autres dossiers seraient déjà en cours d’instruction.
