Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué samedi 21 mars 2026 la politique étrangère américaine en Amérique latine, évoquant un risque de « retour à une domination coloniale » dans la région, a rapporté dimanche 22 mars 2026 le site d’information de la chaîne russe Russia Today (RT).
S’exprimant lors du sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes à Bogotá, en Colombie, Lula a dénoncé ce qu’il considère comme des ingérences extérieures contraires aux principes démocratiques. Sans citer explicitement les États-Unis, ni son président Donald Trump, il a interrogé :
« Est-il acceptable qu’un pays se comporte comme s’il était propriétaire d’autres nations ? »
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions régionales.
En janvier, Washington a mené une opération ayant conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, une action largement dénoncée comme une violation de souveraineté par plusieurs pays.
Dans la foulée, les États-Unis ont intensifié leur pression sur Cuba, notamment via un blocus pétrolier aggravant une crise énergétique déjà sévère.
Cette situation a entraîné des pannes d’électricité massives affectant des millions d’habitants.
L’administration Trump justifie ces mesures par la lutte contre le narcotrafic et la sécurité régionale, mais ses critiques y voient une stratégie d’influence visant notamment les ressources énergétiques et minières.
Dans son discours, Lula a rappelé l’héritage historique de la Doctrine Monroe, estimant que la région avait déjà été exploitée pour ses richesses naturelles.
« Après nous avoir pris nos ressources, ils cherchent désormais à s’approprier nos minéraux critiques et nos terres rares », a-t-il déclaré.
Le président brésilien a appelé les pays d’Amérique latine à défendre leur souveraineté et à rejeter toute ingérence extérieure, insistant sur le respect de l’intégrité territoriale.
De son côté, le président colombien Gustavo Petro a également mis en garde contre toute logique de domination, affirmant que la région « n’est pas une terre à conquérir » et appelant au dialogue avec La Havane.
Ces prises de position interviennent alors que Donald Trump a récemment affirmé vouloir « prendre Cuba d’une manière ou d’une autre », des propos qui ont suscité de vives réactions dans la région.
