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Accueil » Côte d'Ivoire » INFAS Daloa / Violences sexuelles : Quand parler devient un acte de courage

INFAS Daloa / Violences sexuelles : Quand parler devient un acte de courage

par JM Gogbeu
mars 15, 2026
dans Côte d'Ivoire, Education, Société
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En Côte d’Ivoire, les chiffres de 2023 sont implacables. Le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a enregistré 920 cas de viol, 287 agressions sexuelles, et 1 798 cas de violences psychologiques et émotionnelles. À cela s’ajoutent 153 mariages forcés et 25 cas de mutilations génitales féminines.

Ce qui frappe le plus : 4 394 cas de « déni de ressources, d’opportunités et de services »—autrement dit, des femmes et filles exclues de l’éducation, de l’emploi ou de l’accès aux soins. Ce chiffre dépasse tous les autres. Cela signifie que pour chaque femme violée, deux autres sont punies économiquement pour avoir refusé des avances ou osé dénoncer.

Ces violences ne restent pas confinées aux villages ou aux rues. Elles pénètrent aussi les murs des institutions de formation.

Quand l’université devient un danger

Vendredi 15 mars 2026, l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) de Daloa a organisé une conférence de sensibilisation dans sa grande salle ITA. Étudiants, encadreurs et administrateurs étaient réunis pour discuter de prévention, détection et dénonciation des violences sexuelles.

Cette conférence n’est pas venue de nulle part. Le Dr N’dri Alexis, chef d’antenne de l’INFAS à Daloa, a reconnu publiquement une réalité dérangeante : des cas de violences sexuelles ont déjà été constatés dans son institution.

Une école de formation sanitaire où des étudiantes sont agressées. C’est le signe que le problème n’épargne aucun espace, pas même ceux supposément sécurisés et encadrés.

Une réaction forcée par des tragédies

Pourquoi maintenant? L’INFAS ne s’est pas réveillée sur une illumination soudaine. La conférence intervient dans un contexte macabre : en 2025, plusieurs jeunes étudiantes ont perdu la vie, tuées par leurs conjoints.

Ces drames ont forcé une prise de conscience. L’INFAS ne s’est pas réveillée sur une illumination soudaine. La conférence intervient dans un contexte macabre : en 2025, plusieurs jeunes étudiantes ont perdu la vie, tuées par leurs conjoints.

Ces drames ont forcé une prise de conscience. L’INFAS a dû agir. Récemment, l’institution a adopté une politique formelle de prévention et de lutte contre les violences sexuelles. Elle a mis en place un comité dédié à l’antenne de Daloa.

Sur le papier, c’est une réaction. Le Dr N’dri Alexis insiste sur l’importance de promouvoir « le respect, l’égalité entre les sexes et la responsabilité individuelle »—paroles correctes, mais suffisantes?

L’appel au silence brisé

Gouannou Lydie, chargée de l’égalité des genres au Projet d’appui à des services de santé adaptés au genre et équitables (PASSAGE), a dirigé la conférence. Son message était direct : les victimes doivent parler.

« Il est essentiel de dénoncer ces violences afin que les victimes puissent être prises en charge et que nous puissions instaurer une tolérance zéro, en Côte d’Ivoire et spécifiquement au sein de l’INFAS », a-t-elle déclaré.

C’est un appel raisonnable. Mais il repose sur une hypothèse : que dénoncer changera quelque chose. Or, dans une institution où les violences ont déjà eu lieu sans conséquences apparentes, pourquoi une victime oserait-elle parler?

Le silence, en Côte d’Ivoire, protège les agresseurs et tue les victimes.

Les catégories du silence

Les 920 cas de viol enregistrés en 2023 révèlent une autre dimension du problème : il existe une hiérarchie de violences documentées par l’État.

Les viols sont enregistrés. Les agressions sexuelles aussi (287 cas). Les violences psychologiques également (1 798 cas). Mais les mariages forcés (153 cas) et les mutilations génitales féminines (25 cas) reçoivent moins d’attention publique.

Et puis il y a cette catégorie massive : le déni de ressources. 4 394 femmes et filles ont été exclues de l’éducation, du travail ou des services de santé. Ce chiffre suggère que la violence sexuelle s’étend bien au-delà de l’acte physique. C’est systémique. C’est économique.

Une jeune femme qui refuse un rapport avec un superviseur et perd son accès aux études paie un prix énorme. Son avenir est amputé. Elle devient dépendante. C’est une violence lente mais fatale.

Ce que le communiqué révèle et cache

L’INFAS reconnaît officiellement que le problème existe. Le ministère produit des chiffres. Une conférence de sensibilisation se tient. Un comité est formé.

Mais des questions restent sans réponse :

– Le comité aura-t-il le pouvoir de sanctionner les agresseurs?

– Les victimes peuvent-elles rapporter anonymement?

– Comment les signalements sont-ils traités?

– Y a-t-il une liaison avec la police ou la justice?

– Combien de victimes du passé ont osé venir chercher de l’aide?

L’INFAS affirme son engagement à « protéger les femmes étudiantes et garantir un environnement d’apprentissage sûr et respectueux pour tous. » Mais comment? Avec quels moyens?

Le poids des statistiques

Prenons un moment pour considérer ce que les chiffres signifient réellement.

En 2023, en Côte d’Ivoire :

– 920 femmes ont dénoncé un viol

– 1 798 ont subi des violences psychologiques

– 4 394 ont été exclues de ressources ou services

Total minimum : 7 112 cas documentés touchant des femmes et filles.

Ce ne sont que les cas enregistrés. Combien de femmes n’ont rien signalé? Combien ont subi en silence, dans des familles, dans des écoles, dans des entreprises?

L’INFAS face à sa responsabilité

L’INFAS forme des agents de santé. Ces futurs professionnels seront en première ligne face aux victimes de violences. Une infirmière, une aide-soignante, une sage-femme rencontrera des femmes traumatisées, agressées, abandonnées.

Former ces étudiants sur comment accueillir, écouter et orienter les victimes n’est pas optionnel. C’est une responsabilité professionnelle. La conférence du 15 mars 2026 reconnaît cela.

Mais une conférence ne crée pas automatiquement une culture de sécurité. Les étudiants doivent voir que parler est protégé, que dénoncer a des conséquences réelles pour les agresseurs, que les victimes sont crues et soutenues.

Or, si des cas se sont déjà produits à l’INFAS sans interventions publiques, comment les étudiants peuvent-ils avoir confiance dans le système?

Le travail commence

L’INFAS de Daloa a pris un engagement : créer un espace où on parle des violences sexuelles. C’est un début.

Maintenant vient la phase difficile : transformer la parole en action. Installer un comité n’est que le premier pas. Le véritable test sera la suite : les victimes viendront-elles? Seront-elles écoutées? Seront-elles protégées?

En Côte d’Ivoire, 4 394 femmes ont été exclues de l’éducation ou de l’emploi en raison de violences sexuelles. L’INFAS peut décider que cela ne se produira plus dans ses murs. Mais pour que cet engagement signifie quelque chose, il doit être suivi d’infrastructure, de formation, et surtout, d’une volonté de poursuivre les agresseurs.

La conférence de sensibilisation est un acte de conscience. Ce qui en découle déterminera si c’est aussi un acte de changement.

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Tags: ActionExclusion économiqueINFASSilenceviolences sexuelles
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