Quarante partis politiques en Guinée, dont les trois principales formations d’opposition, ont été dissous par décret samedi 8 mars 2026, décision prise pour “manquement à leurs obligations”, indique un arrêté du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, qui leur retire également le contrôle de leurs ressources.
Cette décision intervient moins de deux mois après l’intronisation du président Mamadi Doumbouya, 41 ans, élu le 28 décembre 2025, pour un mandat de sept ans, lors d’un scrutin dont tous les principaux dirigeants de l’opposition étaient exclus.
Les trois principaux partis visés par ce texte sont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, suspendue en août 2025, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ex-président Alpha Condé, suspendue en mars 2025, et l’Union des forces républicaines (UFR) de l’opposant Sidya Touré. Ces trois responsables vivent en exil.
Cette « dissolution entraîne la perte immédiate de la personnalité morale et du statut juridique des formations concernées et interdit toute activité politique, ainsi que l’usage des sigles, logos, emblèmes et autres symboles distinctifs associés à ces formations », indique le communiqué.
De même, « les locaux abritant les sièges nationaux et les représentations ailleurs sont mis sous scellés. Les biens des partis ont été placés sous séquestre », un curateur étant nommé pour superviser leur transfert, souligne encore le texte, sans préciser au profit de qui ou de quelle entité.
Cette dissolution intervient au moment même où Mamadi Doumbouya est rentré en Guinée accueilli vendredi en grande pompe à l’aéroport de Conakry, après une absence de trois semaines qui a suscité des interrogations sur son état de santé. Parti le 13 février de Guinée pour participer à un sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, en Ethiopie, il n’était pas retourné immédiatement dans son pays.
Les mouvements représentant la société civile ont condamné cet acte. « Cette mesure s’ajoute à une longue série de répressions, et officialise une dictature désormais érigée en mode de gouvernance. Le pays s’enfonce dans une incertitude profonde”, a réagi Ibrahima Diallo, dirigeant du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un mouvement prodémocratie dont deux figures, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, sont portés disparus depuis juillet 2024 après avoir été enlevés au domicile du premier.
