Aux États-Unis, la hausse rapide du prix de l’essence met Donald Trump sous une pression politique croissante. Réélu en promettant de faire baisser le coût de la vie, le président américain se retrouve confronté à une flambée des prix à la pompe qui touche directement le quotidien des ménages. Depuis le début de l’escalade militaire avec l’Iran à la fin du mois de février, le carburant est redevenu l’un des principaux sujets d’inquiétude pour les consommateurs américains.
Le prix moyen national de l’essence a fortement progressé en mars. Il a dépassé 3,75 dollars le gallon mi-mars, puis s’est rapproché des 4 dollars le 23 mars, après une hausse de près d’un dollar sur le mois. Cette envolée s’explique par la montée des cours du pétrole, elle-même liée aux tensions au Moyen-Orient et aux perturbations des exportations transitant par le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en énergie.
Cette situation pèse sur la crédibilité du discours économique de Donald Trump. D’après un sondage Reuters/Ipsos publié le 20 mars, sa cote d’approbation sur la question du coût de la vie n’est que de 29 %, tandis que de nombreux Américains disent ressentir déjà l’impact de la hausse du carburant sur leur budget. Une autre enquête montre que 67 % des personnes interrogées s’attendent à voir les prix de l’essence continuer à augmenter dans les prochains mois.
Pour beaucoup de foyers, l’essence reste une dépense incontournable, en particulier dans les zones où la voiture est indispensable pour aller travailler. Si certains économistes estiment que les ménages américains sont globalement mieux armés qu’au cours des précédents chocs pétroliers, ils soulignent aussi que les foyers les plus modestes restent les plus exposés. Chez les ménages à bas revenus, les dépenses énergétiques peuvent représenter une part très importante du budget disponible.
Un léger répit est toutefois apparu en fin de journée lundi 23 mars, lorsque les prix du pétrole ont reculé après des déclarations de Donald Trump évoquant des échanges “productifs” avec l’Iran et une pause dans certaines opérations militaires. Mais ce reflux du brut pourrait mettre du temps à se répercuter à la pompe, et plusieurs analystes estiment que les prix de l’essence pourraient encore rester élevés dans l’immédiat.
À l’approche des élections de mi-mandat, le prix de l’essence redevient ainsi un baromètre politique majeur aux États-Unis. Plus qu’un simple indicateur économique, il touche à la promesse centrale de Donald Trump de protéger le pouvoir d’achat des Américains. Et tant que les prix resteront élevés, cette promesse continuera d’être mise à l’épreuve.
