À Yamoussoukro, du 13 au 15 janvier, le Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP) a marqué une pause stratégique. Trois jours d’échanges, non pour célébrer l’existant, mais pour passer le Dialogue Public Privé (DPP) au scanner, en tester la solidité et préparer une version plus robuste à l’horizon 2026.
Administrations, organisations patronales et experts se sont retrouvés autour d’un constat lucide : le dialogue avance, mais il doit encore gagner en densité, en cohérence et surtout en impact, au-delà d’Abidjan, au plus près des territoires.
Le ton a été donné dès l’ouverture avec la restitution de l’étude sur la dynamique du Dialogue État–Secteur Privé, présentée par le professeur Kimou Assi Carlos de la CAPEC. Le diagnostic est sans détour : des acquis réels, mais un dispositif encore fragile. Les participants ont plaidé pour des consultations plus structurées, mieux ancrées dans les réalités économiques, et fondées sur des données objectivées plutôt que sur des perceptions.
Autre angle mort largement débattu : l’évaluation toujours attendue de la Stratégie nationale du DPP 2016–2020. Sans ce retour d’expérience, difficile d’ajuster finement les réformes en cours. La territorialisation du dialogue et le renforcement des capacités des structures déconcentrées sont apparus comme des chantiers prioritaires.
La revue des activités critiques du CCESP a confirmé ces marges de progression. Fonctionnement des instances de concertation, animation des cadres locaux, efficacité du Réseau des points focaux : autant de maillons à consolider pour fluidifier la circulation de l’information économique et améliorer le suivi des décisions. Dans un environnement de plus en plus exigeant, ces points focaux sont appelés à devenir de véritables capteurs de signaux faibles.
Le bilan 2025 illustre cette dynamique contrastée. Avec un taux d’exécution de 66% de la matrice d’activités, le CCESP a renforcé sa visibilité institutionnelle et son rôle de médiation des préoccupations du secteur privé. Mais ce chiffre rappelle aussi que la consolidation du dialogue reste un chantier ouvert.
Les échanges sur les politiques de développement du secteur privé ont élargi la focale. Les réformes portées par le Plan national de développement 2026–2030 et les stratégies sectorielles visent à améliorer le climat des affaires, soutenir les PME, accélérer l’industrialisation et promouvoir le contenu local. Des orientations jugées pertinentes par les acteurs privés, qui appellent toutefois à une meilleure coordination interinstitutionnelle et à une évaluation rigoureuse de leur impact réel sur le terrain.
En clôture, les priorités du secteur privé pour 2026 ont été mises sur la table. Si la confiance progresse — avec un taux de satisfaction globale de 61% — des fragilités persistent dans la structuration du dialogue et la cohérence des politiques publiques.
Au final, le message est clair : le Dialogue Public Privé n’est plus un concept à installer, mais un outil à optimiser. Consolidation des mécanismes de concertation, feuille de route opérationnelle et positionnement du CCESP comme levier stratégique des réformes économiques s’imposent désormais comme des conditions clés pour accompagner durablement le développement du secteur privé en Côte d’Ivoire.
