Côte d’Ivoire : le gouvernement présente les orientations budgetaires et economiques 2027/2029 au sénat

Le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a présenté mardi 16 juin 2026 au Sénat à Yamoussoukro les grandes orientations du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, qui servira de cadre à l’élaboration du budget de l’État pour l’exercice 2027.

Intervenant dans le cadre du débat d’orientation budgétaire prévu par la loi organique relative aux lois de finances, M. Coulibaly a indiqué que le document repose sur une prévision de croissance économique moyenne de 6,8 % sur la période 2027-2029, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les effets persistants de la guerre russo-ukrainienne, la baisse des cours du cacao et les crises sécuritaires dans certains pays de la sous-région.

Selon lui, cette dynamique de croissance sera soutenue par la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030, l’accroissement des investissements publics et privés ainsi que la montée en puissance du secteur extractif. Le ministre a relevé que le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait passer de 6,5 % en 2027 à 7,7 % en 2029, tandis que l’inflation serait maintenue en dessous du seuil communautaire de 3 %, avec un objectif de 2 % à partir de 2028.

Concernant les finances publiques, il a souligné la poursuite de la consolidation budgétaire engagée depuis plusieurs années. Le déficit budgétaire, ramené à 3 % du PIB en 2025, est projeté à 3,8 % en 2026 avant un retour progressif au niveau communautaire de 3 % à partir de 2028. Le ratio d’endettement public devrait, quant à lui, poursuivre sa baisse pour atteindre environ 52 % du PIB en 2029, contre un pic de 59,5 % enregistré en 2024.

Au titre de la programmation budgétaire, le budget de l’État devrait passer de 17.350 milliards de FCFA en 2026 à 18.466 milliards en 2027, puis à 22.315 milliards de FCFA en 2029.

Les principales orientations budgétaires porteront sur le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures, la rationalisation des dépenses publiques, la maîtrise de l’endettement, la poursuite des investissements structurants et des actions de réduction de la pauvreté, ainsi que l’intégration accrue des questions de genre et de résilience climatique.

Le ministre a précisé que les dépenses d’investissement représenteront environ 42 % des dépenses budgétaires, traduisant la volonté du gouvernement de soutenir durablement la croissance économique et le développement des infrastructures. L’éducation, la santé, la protection sociale et les autres composantes du capital humain continueront également de bénéficier d’une attention particulière, avec près de 30 % des ressources budgétaires qui leur seront consacrées.

Adama Coulibaly a enfin annoncé la poursuite des réformes visant à améliorer la gestion des finances publiques, notamment la digitalisation des administrations fiscales et douanières, la généralisation de la facturation normalisée électronique, la dématérialisation des procédures de passation des marchés publics et la mise en œuvre d’une fiscalité verte incluant une taxe carbone.

Il a toutefois précisé que les projections présentées demeurent provisoires et pourraient être ajustées en fonction de l’évolution de la conjoncture internationale avant l’adoption définitive du projet de loi de finances 2027.

Via AIP

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