La Côte d’Ivoire accélère sa transformation numérique avec l’ambition de moderniser en profondeur les services proposés par l’administration. Au terme d’un atelier national organisé les 3 et 4 septembre 2026 à Abidjan, le gouvernement a identifié 59 services publics à fort impact qui doivent faire l’objet d’une numérisation prioritaire.
La rencontre, organisée par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique (MTNIT) et la Société nationale de développement informatique (SNDI), s’est achevée vendredi 4 septembre au Radisson Blu de l’aéroport d’Abidjan. Elle a réuni 84 participants issus de 56 institutions.
Sur les 620 services publics recensés, 140 ont été examinés par neuf groupes de travail. À l’issue de cette analyse, 59 services ont été retenus comme prioritaires en raison de leur impact potentiel sur les citoyens et le fonctionnement de l’administration, selon les chiffres présentés par Nongolougo Soro, directeur général de la SNDI.
Dix premières réalisations, qualifiées de « quick wins », sont attendues d’ici la fin de l’année 2026. Parmi les projets identifiés figurent notamment l’authentification numérique des diplômes, la preuve de vie numérique des retraités, le dossier patient informatisé et la mise en place d’une boîte postale numérique.
Pour permettre le déploiement de ces services, les différents groupes de travail ont identifié cinq infrastructures numériques communes considérées comme essentielles : l’identité numérique, l’échange de données, une passerelle de paiement unique, les services de confiance et les registres de référence.
Cette architecture doit notamment permettre de réduire la fragmentation actuelle des plateformes administratives. Le gouvernement reconnaît en effet des difficultés d’interopérabilité entre les différents systèmes, avec notamment une utilisation parfois différente de l’identifiant national selon les administrations.
L’objectif affiché est de parvenir progressivement à une administration « zéro papier » à l’horizon 2030. Dans cette perspective, le ministère souhaite également mettre en place un portail unique permettant aux citoyens d’accéder à l’ensemble des services publics numériques, à travers une logique de guichet unique.
Le gouvernement veut améliorer la coordination
Au-delà des infrastructures technologiques, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a insisté sur un autre enjeu : la coordination entre les administrations.
Il a notamment plaidé pour la relance du CN Digit, le Conseil national du numérique placé sous la présidence du Premier ministre. Trois projets de décrets doivent permettre de renforcer le fonctionnement de cette structure.
Le ministre a également reconnu certaines insuffisances dans la conduite passée des projets numériques publics. Selon lui, plusieurs initiatives ont parfois été conçues dans l’objectif de mobiliser des financements avant même que les besoins réels ne soient suffisamment définis.
Il a notamment cité le cas d’une infrastructure de fibre optique modernisée mais dans laquelle aucun service ne serait actuellement opérationnel, ainsi que celui d’un centre de données qui n’aurait jamais été exploité. Pour Djibril Ouattara, ces exemples illustrent surtout les limites d’une approche trop fragmentée : « Ce qu’on ne sait pas faire, c’est de travailler ensemble ».
L’atelier constitue ainsi la première étape de la feuille de route nationale consacrée aux Infrastructures publiques numériques (DPI). Les prochaines étapes prévoient notamment la préparation d’un « compact » numérique avec la Banque mondiale et l’organisation d’une table ronde destinée à mobiliser des financements en décembre.
