Cameroun : la dette publique atteint 15 607 milliards FCFA

La dette publique du Cameroun poursuit sa progression et atteint 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Ce montant constitue l’encours officiellement recensé, mais il ne reflète pas encore l’ensemble des engagements financiers susceptibles de peser sur les comptes publics.

Parmi les principaux passifs encore en cours d’évaluation figure celui de SOCADEL, l’entreprise ayant repris les activités d’Eneo. Sa dette est actuellement estimée à environ 800 milliards de FCFA. Ce montant n’est toutefois pas encore intégré à l’encours officiel de la dette publique, dans l’attente de la finalisation de son évaluation.

La situation des collectivités territoriales constitue un autre point de vigilance. Les communes camerounaises auraient accumulé environ 121,2 milliards de FCFA de dettes envers le FEICOM, le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale. Ces engagements doivent encore faire l’objet d’un travail de documentation et de vérification avant de pouvoir éventuellement être pris en compte dans les statistiques officielles.

À ces passifs s’ajoutent les engagements liés aux partenariats public-privé (PPP). Ceux-ci représentent environ 4 895,1 milliards de FCFA d’engagements conditionnels. Il ne s’agit pas directement de dette publique supplémentaire : ces sommes correspondent à des obligations susceptibles de devenir des charges pour l’État si certaines conditions prévues dans les contrats se réalisent ou si des garanties publiques sont appelées.

La distinction est importante. Un engagement conditionnel ne signifie pas que l’État doit immédiatement décaisser le montant concerné. Son impact sur les finances publiques dépend notamment de la nature des contrats, des garanties accordées et de l’évolution des projets concernés.

L’identification de ces différents passifs intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à renforcer la transparence et la maîtrise de ses finances publiques. La consolidation des informations relatives aux entreprises publiques, aux collectivités et aux PPP doit permettre d’obtenir une vision plus complète des risques auxquels l’État est exposé.

L’éventuelle intégration de certains de ces engagements pourrait ainsi modifier l’appréciation globale de l’endettement public camerounais. Elle ne signifie cependant pas que les 800 milliards de SOCADEL, les 121,2 milliards de dettes des communes et les 4 895,1 milliards d’engagements conditionnels des PPP doivent être additionnés mécaniquement aux 15 607 milliards de dette officielle.

L’enjeu est donc moins celui d’une hausse automatique de la dette que celui d’une meilleure connaissance des engagements financiers du secteur public. Pour les autorités camerounaises, l’évaluation et la documentation de ces passifs constituent un préalable essentiel à leur éventuelle comptabilisation.

Avec un encours officiel déjà établi à plus de 15 600 milliards de FCFA, la question de la soutenabilité de la dette demeure en tout cas un sujet central pour les finances publiques du Cameroun. L’intégration progressive des passifs actuellement en cours d’évaluation permettra de mieux mesurer l’exposition réelle de l’État aux risques financiers.

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