Au Burkina Faso, le Parlement de la transition a adopté à l’unanimité un texte de loi abolissant définitivement les partis politiques, marquant une nouvelle étape majeure dans la réorganisation politique du pays. Cette décision fait suite à la suspension des activités partisanes depuis septembre 2022, à la suite du coup d’État militaire qui a porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir.
Le projet de loi voté par les parlementaires entérine l’abrogation de la charte des partis politiques ainsi que de la loi sur le financement des partis, la campagne électorale et le statut de l’opposition. Ces réformes modifient en profondeur le paysage politique national, supprimant le cadre institutionnel qui encadrait les formations politiques et la vie démocratique depuis de nombreuses années.
Le gouvernement de transition justifie cette mesure comme une refondation de la vie politique nationale, visant à “remettre à plat” un système partisan jugé fragmenté et source de division sociale. Selon les autorités, l’objectif est de reconstruire un espace politique plus cohérent et stable dans un contexte marqué par l’insécurité, les défis socio-économiques et la lutte contre les groupes armés.
La dissolution des partis politiques intervient alors que de nombreux opposants et organisations de la société civile dénoncent une tendance autoritaire et une restriction du pluralisme politique.


