Avec 675 accidents et 63 morts enregistrés entre janvier et le 19 août 2026, Bouaké fait face à une situation préoccupante sur ses routes. Le gouvernement veut désormais inscrire la lutte contre l’incivisme routier et la drogue dans la durée, avec plus de 2 000 jeunes mobilisés sur le terrain.
« La récréation est terminée. » À Bouaké, Amadou Koné a donné le ton dimanche 13 septembre lors du lancement d’une campagne nationale de sensibilisation contre l’incivisme routier et la prolifération de la drogue.
Le ministre des Transports et maire de la ville était entouré de ses homologues de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, et de la Promotion de la Jeunesse, Mamadou Touré. Les patrons de la Police et de la Gendarmerie, le corps préfectoral, les transporteurs et les organisations de jeunesse étaient également présents.
Le choix de Bouaké n’est pas anodin. Entre le 1er janvier et le 19 août, la ville a enregistré 675 accidents, dont 293 impliquant des motos et 46 des tricycles. Le bilan fait état de 63 morts et de nombreux blessés susceptibles de conserver des séquelles.
« Derrière chaque tué sur nos routes, il y a une famille endeuillée », a rappelé Amadou Koné, avant de résumer l’enjeu en une formule : « L’incivisme routier tue. La drogue détruit. »
Plus de 2 000 jeunes sur le terrain
La campagne entend dépasser la simple cérémonie de lancement. Plus de 2 000 jeunes doivent investir les rues, gares routières, marchés, restaurants et autres lieux publics pour sensibiliser les populations, avec une attention particulière portée aux motocyclistes et aux conducteurs.
L’objectif est de faire passer le message au plus près des habitants et de favoriser une appropriation locale des règles de sécurité routière. Le port du casque, le respect du code de la route et la responsabilisation des conducteurs figurent parmi les principaux messages.
Pour Amadou Koné, il ne s’agit surtout pas d’une opération ponctuelle. Quartiers, écoles, universités, associations, médias et réseaux sociaux doivent être mobilisés afin de maintenir la pression dans le temps.
Prévention et répression
Mamadou Touré a, de son côté, insisté sur la responsabilité de la jeunesse face aux comportements qui favorisent la consommation de drogue et l’insécurité. Il a également mis en avant les dispositifs publics consacrés à la formation, à l’emploi, à l’entrepreneuriat, au sport et à l’engagement communautaire.
Vagondo Diomandé a assuré que les forces de sécurité resteraient aux côtés des populations. La Police nationale, la Gendarmerie nationale et la police municipale doivent notamment coordonner leurs actions à Bouaké comme dans les autres villes du pays.
Derrière cette mobilisation, l’enjeu est désormais de transformer la sensibilisation en changement durable des comportements. Pour Bouaké, les 63 décès enregistrés depuis le début de l’année donnent à cette promesse une portée particulièrement concrète.
