À l’approche de la clôture du Projet PR8, prévue pour le 30 juin 2026, l’Observatoire de la Fluidité des Transports (OFT) passe clairement en mode “continuité renforcée”. L’enjeu est simple, mais sensible : éviter que les avancées obtenues en matière de fluidité routière ne s’érodent une fois le projet terminé.
Depuis le 4 mai 2026, une vaste opération de terrain est déployée sur plusieurs axes routiers du pays. L’objectif est de traquer, démanteler et faire cesser les dispositifs de contrôle non autorisés qui continuent de ralentir la circulation des personnes et des marchandises.
Au cœur de cette stratégie, un corridor reste particulièrement structurant : l’axe Bamako–San Pedro via Daloa, véritable colonne vertébrale logistique pour les échanges avec l’hinterland. L’OFT entend y consolider les acquis du PR8 et empêcher toute résurgence de pratiques jugées pénalisantes pour la compétitivité.
À Daloa, une séance de travail a réuni la mission de l’OFT, les autorités administratives et le Comité local de facilitation des transports (CLFT). Les discussions ont porté sur l’après-PR8, avec une idée centrale : transformer les avancées du projet en mécanismes durables de gouvernance des corridors.
Le chef de mission de l’OFT, Konaté Siaka, a insisté sur le caractère stratégique de la fluidité routière dans le développement économique et l’intégration régionale. Il a surtout pointé la persistance de contrôles multiples sur certains axes, malgré les réformes engagées.
Selon lui, un même conducteur pouvait encore être stoppé plusieurs fois sur quelques kilomètres pour des vérifications similaires, un scénario qui illustre les résistances sur le terrain.
Sur le corridor San Pedro–Daloa, l’OFT affirme avoir déjà démantelé une douzaine de postes de contrôle illégaux installés hors cadre réglementaire. Des installations jugées contre-productives, qui alourdissent les coûts logistiques et ralentissent les flux commerciaux.
Plus largement, le rapport technique 2025 de l’OFT évoque des perceptions illicites estimées à plus de 103 milliards de francs CFA sur le réseau routier national. Un chiffre lourd, qui cristallise les enjeux de transparence et de compétitivité des corridors ivoiriens.
Dans cette dynamique, l’OFT appelle à une mobilisation renforcée du CLFT, présidé par les préfets, pour assurer la continuité des réformes après la fin du PR8. L’enjeu est désormais de passer d’une logique de projet à une logique de système.
La mission va se poursuivre à Séguéla et à Boundiali, avant une visite inopinée annoncée au poste frontalier de Nigouni, signe d’un durcissement du suivi opérationnel.
Objectif final : installer durablement une gouvernance des corridors plus rigoureuse, plus transparente et orientée performance, au service d’une circulation fluide et d’une compétitivité logistique renforcée.
