L’Éthiopie accuse l’Érythrée d’avoir déployé des troupes sur son territoire et affirme être contrainte de se défendre. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, dénonce une « agression flagrante » et demande le retrait des forces érythréennes.
Selon Addis-Abeba, des soldats érythréens, accompagnés d’unités mécanisées, auraient pénétré jusqu’à 60 kilomètres à l’intérieur du territoire éthiopien, dans le nord du pays. Le gouvernement considère cette présence militaire comme une violation de sa souveraineté et invoque son droit à la légitime défense.
Les autorités éthiopiennes accusent également l’Érythrée de soutenir des groupes rebelles opposés au gouvernement fédéral dans les régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Afar. Des affrontements y sont signalés depuis le 23 septembre. Asmara rejette ces accusations et affirme, de son côté, qu’Addis-Abeba cherche à justifier une éventuelle offensive contre son territoire.
Cette escalade intervient dans un contexte de détérioration des relations entre les deux pays, qui ont récemment rompu leurs relations diplomatiques. La présence de soldats érythréens dans le nord de l’Éthiopie a également été signalée par des témoins cités par Reuters.
Les tensions ravivent les craintes d’un nouveau conflit dans la Corne de l’Afrique, après la guerre meurtrière du Tigré qui a pris fin en 2022. Malgré l’accord de paix conclu cette année-là, les divisions politiques et les rivalités régionales continuent de fragiliser la stabilité de cette partie du continent.
À ce stade, les accusations d’incursion militaire formulées par l’Éthiopie sont contestées par l’Érythrée. L’évolution de la situation dépendra notamment du retrait éventuel des forces signalées dans le nord éthiopien et des initiatives diplomatiques susceptibles d’éviter une confrontation ouverte.
