Dans un contexte de tensions persistantes sur la commercialisation du cacao en campagne 2025-2026, des producteurs réunis à Tapéguia appellent à une rencontre avec le Directeur général du Conseil du Café-Cacao afin d’exposer leurs difficultés et accélérer la recherche de solutions.
Réunis à l’occasion de la troisième édition de la Fête de la fraternité organisée par la LIDOPA dans le département d’Issia, les producteurs de cacao ont clairement affiché leur volonté d’ouvrir un canal de dialogue direct avec l’autorité de régulation de la filière. Leur objectif est de porter sans filtre les difficultés rencontrées sur le terrain et d’obtenir des réponses opérationnelles.
À l’issue des discussions, le comité des sages a mandaté le président de la Ligue ivoirienne des organisations professionnelles agricoles (LIDOPA), Kouassi Jean Michael Armand, pour solliciter une audience officielle auprès du Directeur général du Conseil du Café-Cacao. Cette démarche se veut structurée et institutionnelle, dans un contexte où les tensions autour de la commercialisation du cacao continuent d’alimenter l’inquiétude des producteurs.
Au centre des préoccupations figurent notamment les opérations de déstockage du cacao, les retards de paiement de producteurs ayant livré leurs récoltes en dépôt-vente, ainsi que des paiements partiels dont les soldes restent en attente. Autant de points de friction qui, selon les planteurs, fragilisent la confiance dans le système de commercialisation.
Dans le même temps, les producteurs ont tenu à saluer certaines initiatives publiques, notamment le décaissement d’une enveloppe de 291 milliards de FCFA destinée à l’enlèvement des stocks résiduels détenus par les coopératives. Une mesure perçue comme un signal d’apaisement, même si elle ne suffit pas, à ce stade, à dissiper toutes les préoccupations.
La rencontre a également été l’occasion pour la LIDOPA de réaffirmer sa volonté de structurer davantage le monde agricole. Son président a présenté deux projets jugés stratégiques : AgriBank, une future banque dédiée aux producteurs, et la Mutuelle générale des agriculteurs de Côte d’Ivoire, pensée comme un levier d’inclusion financière et de protection sociale.
Au-delà des revendications immédiates, cette mobilisation traduit une dynamique plus large : celle d’un monde agricole qui cherche à renforcer son poids dans la gouvernance de la filière cacao, pilier majeur de l’économie ivoirienne.
