La filière hévéa ivoirienne, pilier discret de l’économie agricole, reste fragilisée par des conditions de travail à risque. À Daloa, 35 acteurs de la chaîne de valeur ont été formés par l’OIT pour prévenir accidents et maladies professionnelles, avec pour ambition de renforcer durablement la sécurité et la productivité.
Du 30 mars au 4 avril 2026, planteurs, saigneurs, travailleurs agricoles, agents de coopératives et représentants d’institutions publiques se sont retrouvés à Daloa pour une formation intensive sur la santé et la sécurité au travail (SST). L’initiative, portée par le Bureau international du travail (BIT) en partenariat avec l’État ivoirien et avec l’appui de Eni S.p.A., vise à instaurer des pratiques professionnelles sécurisées dans la chaîne d’approvisionnement en graines d’hévéa, tout en facilitant l’accès à la protection sociale pour les travailleurs.
Le secteur de l’hévéa demeure particulièrement exposé : manutention de charges lourdes, gestes répétitifs, chutes, accidents liés aux outils et au transport, sans compter la poussière et les aléas naturels. Une étude menée entre décembre 2024 et mars 2025 par le BIT, avec le soutien d’Eni, avait révélé de sérieuses lacunes : sensibilisation insuffisante, capacités limitées en prévention et coordination faible entre les acteurs.
Pour y remédier, la formation a été dispensée selon la méthodologie WIND (Work Improvement in Neighbourhood Development), une approche participative développée par l’OIT. Basée sur le partage d’expériences et l’apprentissage entre pairs, elle permet aux participants d’identifier eux-mêmes les risques et de proposer des solutions pratiques, efficaces et peu coûteuses.
À l’issue des cinq jours, chaque participant est devenu un relais dans sa localité, chargé de diffuser les bonnes pratiques auprès des autres acteurs de la filière. Bernard Foe Andegue, chargé des programmes et des opérations du BIT en Côte d’Ivoire, a souligné l’importance de cette dynamique : « L’objectif est d’instaurer une culture durable de prévention, qui profite à toute la filière. »
Anissa Rakotoarisoa, responsable technique SST et inspection du travail pour le bureau régional de l’OIT en Afrique, a rappelé que la formation vise à réduire significativement les accidents du travail et les maladies professionnelles, tout en accompagnant les producteurs et ramasseurs dans l’amélioration de leurs pratiques. Elle a insisté sur l’importance des plans d’action individuels, symboles d’un engagement concret envers la sécurité.
Une mission de suivi est prévue dans les prochains mois pour évaluer les changements sur le terrain et mesurer l’impact de cette formation. La remise des certificats aux 35 participants a marqué une étape importante vers une filière hévéa plus sécurisée, plus inclusive et plus performante en Côte d’Ivoire.
