Le régime végétarien est réputé meilleur pour la santé, mais ses adeptes sont souvent trop rares dans les cohortes suivies pour que ses avantages puissent être solidement caractérisés.
Une étude internationale fondée sur le suivi durant 15 ans de plusieurs cohortes vient de mettre en lumière les liens complexes entre les régimes sans viande et le risque de cancer. Chez les végétariens, plusieurs cancers majeurs seraient moins fréquents. Les chercheurs ont analysé les données de plus de 1,8 million de personnes issues de trois continents, ce qui en fait le travail le plus important conduit sur ce sujet.
Des résultats contrastés selon les types de cancer
Le Centre international de recherche sur le cancer considère en effet la viande rouge comme un cancérogène probable, tandis que les viandes transformées (issues de procédés tels que salaison ou fermentation) sont classées comme cancérogènes certains, confirmant les mises en garde des autorités sanitaires.
L’équipe a comparé le risque de 17 cancers différents selon le régime alimentaire. Ainsi, selon les résultats publiés le 27 février dans la revue British journal of cancer, face aux mangeurs de viande, les végétariens présentent :
– Un risque de cancer du pancréas réduit de 21 % ; – De cancer du sein diminué de 9 % ; – De cancer de la prostate abaissé de 12 % ; – De cancer du rein inférieur de 28 % ; – De myélome multiple réduit de 31 %.
En revanche, l’étude n’a pas révélé de différences statistiquement significatives chez les végétariens pour les cancers colorectal, de l’estomac, du foie, du poumon (chez les non-fumeurs), de l’endomètre, des ovaires, de la bouche et du pharynx, de la vessie, ni pour le lymphome non hodgkinien et la leucémie.
Cependant, les nouvelles ne sont pas toutes positives. Les chercheurs ont découvert que les végétariens présentaient un risque de carcinome épidermoïde de l’œsophage multiplié par 2. Et pour les végans, le risque de développer un cancer colorectal serait supérieur.
Comment expliquer ces différences ?
« Les végétariens consomment généralement plus de fruits, de légumes et de fibres que les mangeurs de viande, et aucune viande transformée, ce qui peut contribuer à réduire le risque de certains cancers, précisent les auteurs.

Le risque plus élevé de carcinome épidermoïde œsophagien chez les végétariens (et de cancer colorectal pour les végans) pourrait être lié à des apports plus faibles en certains nutriments plus abondants dans les aliments d’origine animale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre ce lien. »
Des repas variés
Dr Helen Croker, directrice adjointe de la recherche au Fonds mondial de recherche contre le cancer, justifie le financement de cette recherche par la fait que les personnes qui envisagent de réduire leur consommation de viande méritent des données probantes fiables. Cette étude fournit les données les plus complètes à ce jour sur les régimes végétariens et sans viande et le risque de cancer.
Les résultats suggèrent que les régimes sans viande sont associés à un risque moindre de certains cancers, mais pas de tous, ce qui souligne d’importantes différences entre les types de cancer et le rôle des différents régimes alimentaires. Pour renforcer la protection globale contre le cancer, les aliments riches en fibres et en composés protecteurs sont particulièrement recommandés.
Les légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes et noix apportent des antioxydants, des vitamines et des minéraux bénéfiques pour la santé cellulaire. Ces aliments peuvent contribuer à réduire l’inflammation et à protéger l’organisme contre certains cancers. Aussi, il faudra éviter la viande transformée et de limiter la viande rouge ».
Le régime végétarien est-il toujours bénéfique pour la santé ?
Un régime végétarien peut être bénéfique s’il est bien équilibré. Il doit inclure des sources de protéines végétales, de fer, de vitamine B12 et d’oméga-3 afin d’éviter les carences. Une alimentation variée et diversifiée reste la clé pour profiter des avantages nutritionnels de ce type de régime.
Toutefois, les chercheurs soulignent que l’ensemble du mode de vie (activité physique, poids, tabac) joue également un rôle important.
