Le président français, Emmanuel Macron, a décidé de voter contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, a rapporté le jeudi 8 janvier 2026, la radio France Inter, à la veille d’un vote prévu à Bruxelles.
Selon ces sources, le chef de l’État français a informé de sa position la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’un échange intervenu jeudi.
Emmanuel Macron estime que l’accord UE-Mercosur est « un accord d’un autre âge », négocié sur la base d’un mandat datant de 1999, et dont les fondements ne correspondent plus aux enjeux économiques, environnementaux et agricoles actuels.
Tout en réaffirmant que la France est favorable au commerce international, le président français souligne que le gain économique attendu de cet accord reste limité, évoquant une hausse estimée à +0,05 % du PIB de l’UE à l’horizon 2040, selon la Commission européenne. Un bénéfice jugé insuffisant pour justifier, selon lui, l’exposition de filières agricoles sensibles, essentielles à la souveraineté alimentaire.
Emmanuel Macron a néanmoins relevé certaines avancées obtenues au cours des négociations, notamment la clause de sauvegarde, les mesures dites “miroirs” et le renforcement des contrôles sanitaires, précisant que plusieurs de ces dispositions doivent encore être finalisées, engagement sur lequel la France dit rester vigilante.
De son côté, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a dénoncé sur le réseau social X un texte qui « demeure déséquilibré » et « ne répond pas aux exigences de justice, d’équité et de réciprocité pour les agriculteurs ». Elle a assuré poursuivre son combat contre cet accord.
La position française s’ajoute à celles déjà exprimées par l’Irlande, la Pologne et la Hongrie, même si cette opposition pourrait ne pas suffire à empêcher la Commission européenne d’obtenir une majorité qualifiée d’États membres lors du vote prévu vendredi à Bruxelles.
En France, cette décision intervient dans un contexte de mobilisation persistante des agriculteurs, opposés à une concurrence accrue des produits agricoles issus des pays latino-américains. La FNSEA, principal syndicat agricole, et les Jeunes Agriculteurs ont par ailleurs appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier, en cas de signature de l’accord UE-Mercosur.


