L’armée fédérale de Somalie a pris, lundi 30 mars 2026, le contrôle de Baïdoa, capitale de l’État du Sud-Ouest, à l’issue d’une montée des tensions politiques avec les autorités régionales, selon des médias internationaux.
Le président de cet État fédéré, Abdiaziz Laftagareen a annoncé, dans la foulée, sa démission, selon plusieurs sources médiatiques internationales.
Cette évolution intervient après plusieurs semaines de crise opposant le pouvoir central aux autorités du Sud-Ouest, sur fond de contestation d’une réforme constitutionnelle controversée. D’après les informations disponibles, les forces fédérales sont entrées dans la ville après de brefs affrontements avec les troupes loyales au dirigeant régional, avant de sécuriser la zone sans résistance majeure.
Peu après, M. Laftagareen a officialisé sa démission via les réseaux sociaux. Selon des sources concordantes, il aurait été exfiltré depuis l’aéroport de Baïdoa avec l’appui de médiateurs, notamment l’Éthiopie et la mission de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM). Sa destination demeure inconnue.
À Mogadiscio, les autorités fédérales ont salué une issue qu’elles qualifient de pacifique. Le ministre de l’Information a assuré qu’aucune mesure de représailles ne serait prise contre les responsables de l’État du Sud-Ouest.
La crise trouve son origine dans une réforme constitutionnelle qui modifie le mode de scrutin des élections générales et prolonge d’un an le mandat du président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud. Une décision vivement contestée par plusieurs entités fédérées.
Des critiques se sont élevées, notamment de la part de l’ancien Premier ministre Abdiweli Sheikh Ahmed, qui dénonce le recours à la force militaire pour trancher un différend politique. Il met en garde contre un précédent susceptible de fragiliser davantage l’équilibre déjà précaire entre le pouvoir central et les États fédérés.
La Somalie demeure marquée par de profondes divisions internes. Les États du Jubaland et du Puntland s’opposent régulièrement aux politiques de centralisation du gouvernement fédéral. Par ailleurs, le Somaliland continue de revendiquer son indépendance depuis 1991, malgré les efforts de Mogadiscio pour réaffirmer son autorité sur ce territoire.
