Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a vivement dénoncé, à Dakar, la publication des résultats de tests sérologiques concernant des personnes récemment arrêtées pour homosexualité présumée et transmission volontaire du VIH, a rapporté mercredi 25 février 2026 l’Agence de presse sénégalaise (APS).
S’exprimant mardi 24 février 2026 devant les députés réunis en séance plénière pour les questions d’actualité au gouvernement, le chef du gouvernement a qualifié ces divulgations d’« inacceptables » et d’« inadmissibles », déplorant une atteinte grave à la vie privée des personnes concernées.
« Je profite de cette tribune pour déplorer la publication du statut sérologique de ces personnes », a-t-il déclaré, estimant que de telles pratiques portent préjudice non seulement aux mis en cause, mais également à leurs familles.
Selon lui, les conséquences sociales sont déjà visibles. « Ces personnes appartiennent à des familles, ont des enfants. À cause de la publication de leur statut sérologique, leurs enfants n’osent plus aller à l’école », a-t-il affirmé, évoquant un climat de stigmatisation.
Le Premier ministre sénégalais a également dénoncé des manquements au secret de l’instruction. « Il n’y a plus de secret entre le juge et le parquet. Tous les procès-verbaux des récentes enquêtes sont exposés sur la voie publique », a-t-il regretté.
S’interrogeant sur les responsabilités dans ces fuites, il a lancé : « Qui a donné l’autorisation de publier le statut sérologique d’autrui, de dire qui a le cancer ou le sida ? Où est le procureur de la République ? »
Appelant à des mesures immédiates, M. Sonko a exhorté les autorités compétentes à identifier et interpeller les auteurs de ces publications, estimant que « l’on est en train de détruire des familles » sans justification valable.
Cette déclaration intervient dans un contexte de vives tensions autour des affaires liées à l’homosexualité, pénalisée au Sénégal, et relance le débat sur la protection des données médicales et le respect de la vie privée.
