Le gouvernement sénégalais a validé en Conseil des ministres un projet de loi visant à modifier le Code pénal afin de renforcer les sanctions contre les actes homosexuels. Au Sénégal, l’homosexualité est déjà criminalisée par la législation en vigueur, mais le nouveau texte prévoit d’aggraver les peines et d’élargir le champ des infractions concernées.
Concrètement, le projet entend modifier les dispositions existantes relatives aux “actes contre-nature”, en augmentant les peines encourues et en introduisant des circonstances aggravantes. Le texte prévoit également de sanctionner plus explicitement les actes considérés comme une “promotion” ou une “apologie” de l’homosexualité, ce qui pourrait concerner des prises de position publiques, des rassemblements ou certaines activités associatives.
Cette réforme intervient dans un contexte de forte pression sociale et religieuse. Ces derniers mois, plusieurs organisations religieuses et mouvements conservateurs ont multiplié les appels en faveur d’un durcissement de la loi, estimant que la législation actuelle n’était pas suffisamment dissuasive. Le gouvernement affirme agir pour “clarifier” le cadre juridique et répondre aux attentes d’une partie de la population.
Du côté des défenseurs des droits humains, les réactions sont vives. Des organisations nationales et internationales dénoncent une atteinte supplémentaire aux libertés fondamentales, estimant que le texte risque d’encourager les discriminations, les violences et les arrestations arbitraires. Elles soulignent également que le Sénégal est signataire de plusieurs conventions internationales garantissant la protection des droits humains.
Sur le plan politique, le projet doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale. Son adoption dépendra du vote des députés, mais au regard des équilibres politiques et du climat social, le texte pourrait bénéficier d’un soutien important. Le débat parlementaire devrait toutefois mettre en lumière les tensions entre souveraineté législative nationale et engagements internationaux du pays.
