Le directeur de cabinet du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Soro Kountélé Gona, a ouvert, mardi 14 avril 2026 à Abidjan Plateau, un atelier consacré à la validation d’une feuille de route nationale 2026-2032 pour le diagnostic précoce du cancer de la prostate.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet CoPrED (Côte d’Ivoire Prostate Cancer Early Detection), dont l’objectif est de transformer durablement le système national de diagnostic.
Lors de la cérémonie, M. Gona a rappelé que le cancer de la prostate constitue le premier cancer chez l’homme, une pathologie lourde sur les plans financier et social, qui pèse sur les patients ainsi que sur leurs familles. « Diagnostiqué précocement, ce cancer peut être guéri dans plus de 95 % des cas », a-t-il rassuré.

L’émissaire du gouvernement s’est réjoui de la formation de 50 médecins ivoiriens dans le cadre du projet CoPrED. Ces derniers auront pour mission de devenir à leur tour des formateurs sur le terrain, afin d’étendre le dispositif de dépistage précoce à l’ensemble du territoire.
Chef du projet CoPrED, Kim Yeol a salué la formation de ces 50 médecins – 30 généralistes et 20 spécialistes – désormais aptes à jouer un rôle clé dans le dispositif national de dépistage.
« Les compétences acquises représentent un espoir réel pour sauver des vies et transformer l’avenir de la prise en charge du cancer en Côte d’Ivoire. Le diagnostic tardif reste le principal défi, d’où l’urgence de mettre en place un système efficace de détection précoce », a-t-il déclaré.
De son côté, Kim Sangjun, représentant de l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), a réaffirmé l’engagement de la Corée à accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en place d’un système de santé robuste et performant.
Au nom de la première cohorte de médecins formés, le docteur Konan Daniel a lancé un appel pressant aux populations, en particulier aux hommes. « N’attendez pas d’avoir des difficultés à uriner pour consulter. Aujourd’hui, grâce à ce programme, tout médecin, qu’il exerce en milieu urbain ou rural, peut poser un diagnostic précoce. Le cancer de la prostate peut être guéri en Côte d’Ivoire, à condition d’être détecté à temps », a-t-il insisté.
Cette mobilisation intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. Avec une incidence de 48 cas pour 100 000 hommes et un taux de mortalité de 29,5 pour 100 000, la Côte d’Ivoire figure parmi les pays les plus touchés au monde. Plus de 80 % des cas y sont diagnostiqués à un stade avancé, souvent métastatique, ce qui réduit considérablement les chances de guérison.