France a confirmé assurer la formation de soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), précisant que cette coopération militaire se fait à la demande officielle des autorités de Kinshasa. Cette reconnaissance intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est du pays, marqué par la résurgence du mouvement rebelle du M23 et par une multiplication des groupes armés actifs dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Une coopération militaire encadrée
Selon les autorités françaises, cette formation ne concerne pas des opérations de combat direct, mais vise essentiellement à renforcer les capacités opérationnelles, la structuration du commandement et la professionnalisation de l’armée congolaise. Les modules incluraient notamment :
- la formation des cadres militaires
- l’organisation de la chaîne de commandement
- la planification d’opérations
- la logistique militaire
- le respect du droit international humanitaire
L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité et la discipline des FARDC, souvent critiquées pour leur manque de coordination et leurs difficultés structurelles face aux groupes armés.
Un contexte sécuritaire explosif à l’Est
Cette coopération intervient alors que l’armée congolaise est engagée dans des affrontements récurrents contre le M23, groupe rebelle qui a repris les armes ces dernières années et qui contrôle plusieurs zones stratégiques autour de Goma. Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali dément.
La situation sécuritaire a entraîné des déplacements massifs de populations civiles, aggravant une crise humanitaire déjà profonde. Dans ce contexte, le gouvernement congolais cherche à renforcer ses capacités militaires nationales afin de limiter sa dépendance aux forces régionales ou internationales.
Un enjeu diplomatique sensible
La reconnaissance publique de cette formation est également significative sur le plan diplomatique. La France, longtemps critiquée pour son influence en Afrique centrale, marche sur une ligne délicate. Paris insiste sur le fait qu’il s’agit d’un appui technique demandé par un État souverain et non d’une intervention militaire directe.
Cette coopération pourrait être perçue par certains acteurs régionaux comme un repositionnement stratégique de la France dans la région des Grands Lacs, à un moment où plusieurs puissances étrangères – notamment la Russie et certains partenaires africains – renforcent également leur présence sécuritaire sur le continent.
