Nigeria : Nouvelle crise dans le football après la démission du président de la Fédération

Le football nigérian traverse une importante crise institutionnelle après la démission, jeudi 27 août, du président de la Fédération nigériane de football (NFF), Ibrahim Musa Gusau. Le secrétaire général de l’instance, Mohammed Sanusi, ainsi que plusieurs membres du comité exécutif ont également quitté leurs fonctions, ouvrant une période d’incertitude à quelques semaines des prochaines élections de la Fédération. 

Cette démission intervient dans un contexte de forte pression sur la direction du football nigérian, après plusieurs échecs sportifs majeurs. Les Super Eagles n’ont pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2026, après leur élimination aux tirs au but face à la République démocratique du Congo. Quelques semaines plus tard, les Super Falcons ont à leur tour manqué la qualification pour la Coupe du monde féminine 2027 après leur défaite contre l’Afrique du Sud. 

Pour la sélection féminine, le revers est particulièrement historique. Le Nigeria avait participé à toutes les éditions de la Coupe du monde féminine depuis la création du tournoi en 1991. L’élimination face à l’Afrique du Sud met donc fin à une série de neuf participations consécutives, malgré le statut des Super Falcons comme l’une des principales puissances du football féminin africain. 

La Fédération fait également face à des accusations de mauvaise gestion financière et de corruption. Selon plusieurs informations rapportées par la presse, les autorités nigérianes enquêtent notamment sur l’utilisation présumée de 17 milliards de nairas, destinés au règlement d’arriérés dus à des joueurs et responsables des équipes nationales. La NFF est depuis plusieurs années régulièrement critiquée pour des retards dans le paiement des primes et indemnités. 

Malgré sa démission, Ibrahim Gusau a défendu son bilan et expliqué sa décision après avoir consulté les différentes parties prenantes ainsi que sa famille. Il a également annoncé un nouvel accord avec Adidas, qui doit rapporter à la Fédération 4,5 millions de dollars par an. Mais son départ, accompagné de celui de plusieurs responsables, fragilise davantage une institution déjà sous pression. 

Cette crise intervient à seulement un mois du congrès électif de la NFF, prévu le 27 septembre à Lafia. Le départ d’une partie de la direction pourrait donc avoir des conséquences importantes sur la préparation de cette élection et sur la future gouvernance du football nigérian. Pour la première puissance démographique d’Afrique, l’enjeu est désormais de reconstruire une Fédération capable de restaurer la confiance et de relancer ses sélections nationales. 

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