Le phénomène des enlèvements continue de prendre une ampleur inquiétante au Nigeria. Entre juillet 2025 et juin 2026, les ravisseurs auraient obtenu 7,78 milliards de nairas de rançons, soit environ 5,8 millions de dollars ou 3,26 milliards de francs CFA, selon un rapport de SBM Intelligence consacré à l’économie du kidnapping dans le pays.
L’étude fait état de 7 825 personnes enlevées au cours de cette période, soit une augmentation de 66 % par rapport aux douze mois précédents. Dans le même temps, 1 142 personnes ont été tuées, contre 762 l’année précédente. Au total, 1 411 incidents liés à des enlèvements ont été recensés.
Une grande partie des rançons provient de quelques opérations de grande ampleur. Deux enlèvements collectifs, survenus à Ngoshe, dans l’État de Borno, et à Papiri, dans l’État du Niger, auraient généré à eux seuls environ 7 milliards de nairas. Cette somme représente l’essentiel des rançons recensées sur la période étudiée.
Le rapport attribue à Boko Haram plus de 90 % des rançons issues de ces deux opérations. Le groupe jihadiste apparaît ainsi comme l’un des principaux bénéficiaires de cette économie criminelle, même si le phénomène des enlèvements implique également des groupes de bandits armés et d’autres organisations criminelles.
La crise est particulièrement concentrée dans le nord du Nigeria, qui représente 93,7 % des personnes enlevées recensées dans l’étude. Cette région est confrontée à une combinaison de menaces : insurrections jihadistes, banditisme organisé et violences liées à différents conflits locaux.
Au-delà du bilan humain, ces chiffres montrent surtout la transformation du kidnapping en véritable source de revenus pour les groupes armés. L’augmentation spectaculaire des sommes versées en rançons encourage les réseaux criminels à multiplier les enlèvements, tandis que les familles sont souvent contraintes de réunir d’importantes sommes d’argent pour obtenir la libération de leurs proches.
Pour les autorités nigérianes, le défi est donc autant sécuritaire qu’économique : réduire le nombre d’enlèvements tout en empêchant que le paiement des rançons ne continue d’alimenter les groupes responsables de ces violences.
