Le recours à la peine de mort dans le monde a connu « une augmentation alarmante » malgré une progression globale de la tendance abolitionniste, a dénoncé le lundi 19 janvier 2026, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
Dans un communiqué, le responsable onusien indique que le nombre d’exécutions a fortement augmenté au cours de l’année écoulée, principalement en raison d’une hausse significative dans un nombre restreint de pays qui continuent de pratiquer la peine capitale. Il déplore notamment son application pour des infractions ne relevant pas des « crimes les plus graves », en violation du droit international.
L’Iran figure parmi les pays les plus concernés, avec au moins 1 500 exécutions recensées en 2025, un rythme que Volker Türk qualifie de recours systématique à la peine capitale comme instrument d’intimidation de l’État. En Arabie saoudite, au moins 356 personnes, dont deux mineurs, auraient été exécutées, dépassant le record établi l’année précédente. Aux États-Unis, 47 exécutions ont été enregistrées, soit le chiffre le plus élevé depuis 16 ans.
Le Haut-Commissaire s’est également inquiété de la généralisation, aux États-Unis, de l’exécution par asphyxie au gaz, introduite en 2024, évoquant des risques de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
D’autres situations préoccupantes ont été relevées, notamment en Afghanistan, où des exécutions publiques ont eu lieu, en Somalie et à Singapour. En Chine et en Corée du Nord, le manque de transparence empêche l’obtention de données fiables. Volker Türk a aussi mis en garde contre des propositions législatives en Israël visant à étendre la peine de mort, tout en dénonçant les exécutions menées par le Hamas à Gaza.
Le Haut-Commissaire a toutefois salué des avancées enregistrées dans plusieurs pays, dont le Vietnam, le Pakistan, le Zimbabwe, le Kenya et la Malaisie, en faveur de la limitation de la peine capitale.
« La peine de mort n’est pas un outil efficace de lutte contre la criminalité et peut conduire à l’exécution d’innocents », a-t-il déclaré, appelant tous les États qui maintiennent la peine de mort à « instaurer un moratoire immédiat sur les exécutions, commuer toutes les condamnations à mort existantes et s’orienter vers son abolition complète ».


