Plusieurs familles kényanes, restées sans nouvelles de leurs proches partis en Russie, ont manifesté jeudi 5 mars 2026 dans le centre-ville de Nairobi pour réclamer des informations sur leur sort.
Selon des médias internationaux, plus de 1 000 Kényans auraient été recrutés au sein des forces armées russes, d’après un rapport des services de renseignement kényans présenté au parlement le mois dernier. Parmi eux, certains anciens militaires attirés par la promesse de salaires élevés, tandis que d’autres pensaient partir en Russie pour travailler comme chauffeurs ou agents de sécurité, avant d’être envoyés sur le front du conflit russo-ukrainien.
Face à l’absence de nouvelles, plusieurs dizaines de proches se sont rassemblés dans la capitale kényane pour demander des comptes aux autorités. Brandissant des pancartes et des photos de leurs proches, ils ont lancé un appel : « Ramenez-nous nos fils ».
Parmi les manifestants figurait Susan Kuloba, venue avec des photos de son fils aîné, David. Selon elle, le jeune homme avait accepté une offre d’emploi comme agent de sécurité avant d’être déployé sur le front. Elle affirme avoir appris la mort présumée de ce dernier par un autre Kényan présent en Russie. La dernière communication de son fils remonterait au mois d’octobre.
Dans son témoignage, elle explique que David lui avait envoyé une photo où il apparaissait en uniforme militaire. Il lui aurait confié craindre pour sa vie et ne pas pouvoir refuser les ordres de son commandant.
« S’il est en vie, qu’on me le rende. S’il est mort, qu’on me rende aussi son corps pour que je puisse organiser ses funérailles. Attendre sans savoir où il est est terrible », a-t-elle confié.
D’autres familles dénoncent le manque d’informations de la part des autorités. Janet Wainaina, venue manifester pour son frère Samuel, affirme que celui-ci était lui aussi parti pour un emploi d’agent de sécurité. Elle indique que les familles ont tenté d’obtenir des réponses auprès de l’ambassade de Russie, de l’ambassade d’Ukraine, ainsi qu’auprès du ministère chargé de la Diaspora et du ministère des Affaires étrangères, sans succès.
« Nous ne savons pas s’il est en vie, s’il est hospitalisé ou s’il est décédé. Nous voulons que notre gouvernement engage des discussions avec les autorités russes afin d’obtenir des réponses », a-t-elle déclaré.
À l’issue de la manifestation, les familles ont déposé une pétition auprès des autorités kényanes. Elles réclament notamment le rapatriement de leurs proches ainsi qu’une déclaration officielle interdisant le recrutement de ressortissants kényans dans l’armée russe.
