La justice française a décidé que l’ancien président Nicolas Sarkozy devra purger sa peine de six mois de prison ferme dans l’affaire Bygmalion. Le tribunal correctionnel de Paris a rejeté la demande de « confusion des peines » formulée par l’ex-chef de l’État, qui souhaitait fusionner cette condamnation avec celle qu’il a déjà exécutée dans l’affaire dite Bismuth.
Cette décision signifie que Nicolas Sarkozy devra bien exécuter la peine liée à l’affaire Bygmalion, même s’il a déjà purgé une autre condamnation judiciaire. L’ancien président espérait éviter cette seconde exécution en invoquant un mécanisme juridique permettant de regrouper plusieurs condamnations en une seule peine. Le tribunal a toutefois estimé que cette demande ne pouvait pas être acceptée.
Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. La justice lui reproche d’avoir largement dépassé le plafond légal des dépenses électorales et d’avoir mis en place, avec l’aide de l’agence de communication Bygmalion et de responsables de son parti, un système de fausses factures destiné à masquer ces dépassements.
En appel, la cour de justice avait condamné l’ancien chef de l’État à un an de prison, dont six mois ferme et six mois avec sursis. La peine ferme devait être aménagée, notamment sous la forme d’une détention à domicile avec bracelet électronique. Cette condamnation est devenue définitive après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation en novembre 2025.
Cette affaire constitue la deuxième condamnation pénale définitive de Nicolas Sarkozy. Dans l’affaire des écoutes, également appelée affaire Bismuth, l’ancien président avait déjà été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, pour corruption et trafic d’influence.
La décision rendue par le tribunal ouvre la voie à une nouvelle exécution de peine pour l’ancien président, même si ses avocats peuvent encore contester cette décision par un recours. Elle intervient alors que Nicolas Sarkozy reste impliqué dans plusieurs autres procédures judiciaires liées notamment aux soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
