Éthiopie : la guerre reprend au Tigré après ma prise de Mekele dans la Corne de l’Afrique

FILE -- Captured Ethiopian government soldiers are marched under guard by Tigray Defense Force fighters through the city of Mekelle, Ethiopia on June, 25, 2021. President Biden signed an executive order on Friday, Sept. 17, 2021, threatening sweeping new sanctions against leaders in the widening war in northern Ethiopia, the strongest effort yet by the United States to halt the fighting and allow urgently needed humanitarian aid to flow into the region. (Finbarr O'Reilly/The New York Times) *** Local Caption *** AFRICA ETHIOPIA SOLDIERS TIGRAY REGION TIGRAYAN PEOPLE’S LIBERATION FRONT

La situation se dégrade à nouveau dans le nord de l’Éthiopie. Depuis le 23 septembre, les combats ont repris dans la région du Tigré entre les forces fédérales et leurs alliés, d’une part, et les forces liées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), d’autre part. Les forces pro-gouvernementales ont pris le contrôle de Mekele, capitale régionale, le week-end des 3 et 4 octobre.

Cette avancée ne signifie toutefois pas que l’ensemble du Tigré est sous contrôle fédéral. Les autorités rebelles ont annoncé leur retrait temporaire de Mekele afin de poursuivre les combats ailleurs dans la région. De nouveaux affrontements et des frappes ont d’ailleurs été signalés lundi 5 octobre dans plusieurs zones du Tigré, faisant au moins 17 morts selon des sources humanitaires citées par Reuters.

La crise s’est également transformée en affrontement diplomatique avec l’Érythrée. Le 1er octobre, Addis-Abeba a fermé son ambassade à Asmara et ordonné à dix diplomates érythréens de quitter le pays sous 48 heures. L’Érythrée a répliqué en annonçant la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie. Addis-Abeba accuse également l’Érythrée, l’Égypte et le Soudan de soutenir l’alliance opposée au gouvernement, ce que les pays concernés démentent.

Face au risque d’une extension du conflit, l’Union africaine a appelé l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue. L’organisation continentale insiste sur la nécessité de préserver les canaux diplomatiques afin d’éviter une nouvelle déstabilisation de la région.

Le 4 octobre, l’Égypte, l’Érythrée, la Somalie et le Soudan se sont réunis à El-Alamein, en Égypte, pour discuter des tensions régionales. Dans leur déclaration commune, les quatre pays ont notamment insisté sur la liberté de navigation en mer Rouge et rejeté toute mesure unilatérale concernant les eaux du Nil susceptible de porter atteinte aux droits des États situés en aval.

Cette nouvelle crise ravive ainsi plusieurs dossiers sensibles de la Corne de l’Afrique : le conflit au Tigré, les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée, les tensions autour de l’accès à la mer Rouge et le contentieux sur le Nil. Après la guerre de 2020-2022 au Tigré, la reprise des hostilités fait désormais craindre une nouvelle déstabilisation régionale.

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