États-Unis : Donald Trump menace d’annexer le détroit d’Ormuz, Téhéran riposte

FILE PHOTO: An aerial view of the Iranian shores and the island of Qeshm in the strait of Hormuz, December 10, 2023. REUTERS/Stringer/File Photo

Donald Trump a de nouveau durci le ton à l’égard de l’Iran. Lors d’un déplacement à New York, vendredi 14 août, le président américain a déclaré qu’il envisageait de déclarer le détroit d’Ormuz « territoire des États-Unis » une fois la guerre contre Téhéran terminée. Une annonce spectaculaire qui intervient alors que les tensions restent extrêmement fortes autour de ce passage maritime stratégique.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage de l’économie mondiale. Situé entre l’Iran et Oman, il permet notamment l’acheminement d’une part considérable du pétrole et du gaz produits dans le Golfe. Depuis le début du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la circulation maritime dans la zone est devenue particulièrement instable, avec des restrictions imposées par Téhéran et des tensions croissantes autour des navires commerciaux.

« Après avoir terminé de vaincre l’Iran, qui est très mal en point, je déclarerai bientôt le détroit d’Ormuz territoire des États-Unis », a affirmé Donald Trump devant des membres des forces de l’ordre. Le président américain présente ainsi le contrôle de cette voie maritime comme un élément potentiel de sa stratégie après la guerre, alors que les négociations visant à mettre fin aux hostilités restent fragiles.

Téhéran a immédiatement rejeté cette déclaration. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a répondu que le détroit d’Ormuz ne pouvait être « pris ni par un tweet, ni par un porte-avions, ni par un décret, ni par un discours électoral ». Il a également assuré que l’Iran ne céderait pas face aux menaces américaines.

Trump avait déjà évoqué le mois dernier la possibilité de faire des États-Unis le « gardien » du détroit, avec notamment l’idée d’imposer une taxe de 20 % sur les marchandises qui y transiteraient. De telles ambitions soulèvent toutefois d’importantes questions juridiques, le détroit étant soumis au droit international maritime et ne pouvant être unilatéralement transformé en territoire américain.

Cette nouvelle déclaration intervient alors que la guerre continue de diviser l’opinion publique américaine. Selon un sondage Quinnipiac réalisé fin juillet, 60 % des électeurs américains se disent opposés à l’action militaire contre l’Iran. L’idée d’un contrôle permanent d’Ormuz par Washington risque donc d’alimenter davantage les débats aux États-Unis, tout en compliquant les éventuelles négociations destinées à mettre fin au conflit.

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