L’Indice de la démocratie 2025 publié par Economist Intelligence Unit (EIU) fait état d’une stabilisation de la démocratie dans le monde après huit années consécutives de recul, tout en relevant la persistance de fragilités institutionnelles dans plusieurs régions, notamment en Afrique subsaharienne.
Selon le rapport transmis lundi 11 mai 2026 à l’AIP par l’organisation CIVIS-CI, le score moyen mondial de l’Indice de la démocratie est passé de 5,17 sur 10 en 2024 à 5,19 en 2025, marquant ainsi un léger rebond considéré comme le premier signe de stabilisation depuis près d’une décennie.
Les auteurs du rapport soulignent toutefois une exception notable avec les États-Unis, où la démocratie aurait connu une détérioration depuis l’investiture du président Donald Trumpen janvier 2025.
L’étude révèle qu’environ 75% des pays évalués ont enregistré une amélioration ou une stabilité de leur score démocratique entre 2024 et 2025. L’Amérique latine et les Caraïbes ont notamment mis fin à neuf années consécutives de déclin régional, grâce à des avancées observées dans plusieurs pays, dont la Bolivie avec l’organisation d’élections jugées libres et équitables.
En Afrique subsaharienne, le rapport indique que la situation reste contrastée. La région demeure dominée par des régimes autoritaires et hybrides, qui représentent environ 85 % des systèmes politiques du continent. Toutefois, certains pays ont enregistré des progrès démocratiques.
Le Sénégal et le Malawi ont ainsi accédé au statut de « démocraties imparfaites ». Concernant le Sénégal, le rapport met en avant des réformes adoptées en 2025 pour renforcer la transparence et la lutte contre la corruption, notamment une loi sur la protection des lanceurs d’alerte et l’amélioration de l’accès aux informations publiques.
L’Indice note également une montée de l’activisme politique des jeunes en Afrique, particulièrement au Kenya et à Madagascar, où des manifestations conduites par des mouvements de la génération Z ont entraîné des changements politiques et gouvernementaux.
Parallèlement, le document fait état d’une résurgence des coups d’État militaires sur le continent. La Guinée-Bissau et Madagascar ont enregistré d’importantes baisses de leurs scores démocratiques à la suite de prises de pouvoir militaires, tandis que le Gabon et la Guinée ont amorcé un retour vers un régime civil.
Selon les auteurs du rapport, les défis sécuritaires, les crises institutionnelles et les difficultés liées aux successions politiques dans plusieurs États africains continuent d’affaiblir les institutions démocratiques.
Créé en 2006, l’Indice de la démocratie de l’EIU évalue chaque année 167 pays et territoires à travers cinq critères, à savoir le processus électoral et le pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles.
