Crise au Moyen-Orient: l’agence maritime de l’ONU appelle à éviter le détroit d’Ormuz pour protéger les marins

Le directeur général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a exhorté mercredi 18 mars 2026, les compagnies maritimes à éviter de transiter par le détroit d’Ormuz, en raison des risques sécuritaires liés à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Lors d’une session extraordinaire tenue à Londres, il a invité les opérateurs du secteur à faire preuve « de la plus grande prudence » dans cette zone stratégique, par laquelle transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, marqué par des frappes impliquant les États-Unis, Israël et Iran, plusieurs attaques visant des navires marchands ont été enregistrées. Au moins sept marins ont été tués et plusieurs autres blessés, selon des sources concordantes.

La situation a entraîné une quasi-paralysie de cette voie maritime essentielle reliant le golfe Arabo-Persique au golfe d’Oman, provoquant une hausse significative des prix du pétrole et du gaz, avec des répercussions sur l’économie mondiale et les risques d’inflation.

Selon les informations relayées lors des échanges, près de 20 000 marins se retrouvent actuellement bloqués à bord d’environ 3 200 navires dans le golfe Persique, exposés à des conditions de travail difficiles et à une forte pression psychologique.

« Je suis solidaire des nombreux équipages qui continuent d’assurer la continuité du transport maritime mondial dans des circonstances extrêmement difficiles », a déclaré M. Dominguez, saluant leur professionnalisme et leur résilience.

Des incidents répétés ont été signalés depuis début mars, incluant des attaques de pétroliers et de porte-conteneurs, parfois touchés par des projectiles à proximité des Émirats arabes unis et de l’Irak, occasionnant des incendies à bord et nécessitant, dans certains cas, l’évacuation des équipages.

D’après l’agence britannique de sécurité maritime, 21 incidents, dont 16 attaques et cinq activités suspectes, ont été recensés entre le 28 février et le 17 mars dans cette zone.

Face à cette escalade, plusieurs pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont condamné les attaques visant la navigation commerciale, tandis que d’autres États ont insisté sur la nécessité de garantir une navigation sûre dans ce corridor stratégique.

L’OMI a rappelé que toute attaque contre des navires civils ou des marins est inacceptable et a souligné les conséquences globales de ces tensions. « Chaque fois que le transport maritime subit des dommages collatéraux dans ces conflits, le monde entier en subit les conséquences négatives, de l’économie mondiale à la sécurité alimentaire », a averti M. Dominguez.

Il a enfin appelé à une désescalade du conflit et à la mise en place de mesures urgentes pour garantir la sécurité des équipages et permettre aux navires bloqués de quitter la zone en toute sécurité.

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