Une alerte majeure vient d’être lancée à l’attention des acteurs de la filière manioc en Côte d’Ivoire. Les autorités agricoles ont confirmé la présence, dans la partie Ouest du pays, de la souche ougandaise du virus de la mosaïque du manioc de l’Afrique de l’Est, connue sous l’appellation EACMV-Ug. Une découverte jugée particulièrement préoccupante au regard des conséquences potentielles sur la production agricole nationale.
Ce virus, réputé pour sa forte agressivité, constitue une menace sérieuse pour le manioc, une culture essentielle en Côte d’Ivoire tant pour la sécurité alimentaire que pour les revenus de milliers de producteurs. La maladie se propage principalement à travers le matériel végétal infecté, notamment les boutures, mais aussi via certaines pratiques culturales qui favorisent sa dissémination.
Les autorités rappellent que cette souche a déjà provoqué des dégâts considérables par le passé. En Ouganda, dans les années 1990, elle avait entraîné une chute drastique de la production annuelle de manioc, passée de 3,5 millions de tonnes à seulement 0,5 million de tonnes. Cette situation avait engendré des pertes économiques estimées à plus de 36 milliards de francs CFA par an et contribué à une grave crise alimentaire ayant causé la mort de milliers de personnes.

Face à cette menace, les autorités insistent sur l’absence de traitement curatif à ce jour. Seules des mesures préventives strictes permettent de limiter la propagation du virus. À cet effet, il est formellement interdit de prélever, transporter ou échanger des boutures de manioc en provenance des zones infestées de l’Ouest du pays. Les échanges, qu’ils soient formels ou informels entre producteurs, sont également proscrits.
Les structures techniques, notamment celles du ministère en charge de l’Agriculture, l’Agence nationale d’appui au développement rural et les institutions de recherche agricole, ont été mobilisées pour assurer une large diffusion de cette alerte et veiller à son application rigoureuse sur le terrain.