L’escalade militaire au Moyen-Orient fait peser de lourdes incertitudes sur le commerce mondial, notamment autour du stratégique détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel pour l’acheminement du pétrole et du gaz à l’échelle planétaire, selon l’agence de l’ONU chargée de promouvoir le commerce.
Selon une analyse publiée mardi 10 mars 2026, par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les premières répercussions économiques se font déjà sentir sur les marchés internationaux. Le prix du pétrole, notamment le Brent, a franchi la barre des 90 dollars le baril, tandis que les taux de fret pour les pétroliers et les primes d’assurance contre les risques de guerre ont fortement augmenté.
« Toute perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz pourrait avoir des répercussions majeures sur les marchés mondiaux de l’énergie, les coûts du transport maritime et la sécurité alimentaire, en particulier pour les économies en développement », avertit la CNUCED.
Ces tensions trouvent leur origine dans l’offensive lancée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l’Iran, visant des infrastructures militaires et énergétiques iraniennes. Depuis, la région connaît une série d’incidents maritimes et de menaces de représailles qui inquiètent les armateurs.
Bien que le détroit ne soit pas officiellement fermé, plusieurs compagnies maritimes hésitent désormais à y faire transiter leurs navires. Des avertissements radio adressés par les forces iraniennes aux navires marchands, ainsi que la crainte d’attaques de drones ou de missiles dans cette zone étroite, ont accru la prudence des opérateurs.
Le détroit d’Ormuz constitue l’une des principales artères énergétiques du monde. Environ un quart du pétrole transporté par voie maritime y transite chaque année, ainsi que d’importants volumes de gaz naturel liquéfié. La CNUCED souligne également qu’environ un tiers du commerce mondial d’engrais transporté par mer, soit près de 16 millions de tonnes par an, emprunte ce corridor maritime.
Pour l’organisation onusienne, toute perturbation durable dans ce passage pourrait déclencher un effet domino sur les prix de l’énergie, les coûts du transport maritime et, à terme, les marchés alimentaires. Les économies en développement, déjà fragilisées par l’endettement et la hausse des taux d’intérêt, pourraient être les premières touchées par cette nouvelle onde de choc économique mondiale.
