L’Arabie saoudite pourrait bientôt recourir davantage à l’emprunt pour faire face aux conséquences économiques de la guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Selon Bloomberg, Riyad consulte plusieurs banques en vue d’obtenir au moins 8 milliards de dollars de financement, même si les discussions restent encore à un stade préliminaire.
Aucun accord n’a pour l’instant été conclu. En parallèle, Saudi Aramco, le géant pétrolier saoudien, explore également de nouvelles possibilités de financement afin de renforcer ses capacités financières dans un contexte économique devenu plus difficile.
La guerre pèse notamment sur les échanges commerciaux du royaume. Les perturbations du transport maritime, la hausse des coûts d’importation et les difficultés rencontrées par certaines chaînes d’approvisionnement exercent une pression supplémentaire sur l’économie saoudienne.
Les dernières données illustrent cette dégradation. Au deuxième trimestre 2026, l’économie du royaume s’est contractée de 4,8 %, tandis que le secteur pétrolier a enregistré une baisse proche de 25 %. Dans le même temps, le déficit budgétaire a atteint 34,3 milliards de riyals, soit environ 9,1 milliards de dollars.
Cette situation ne signifie toutefois pas que l’Arabie saoudite se trouve au bord de la faillite. Le royaume dispose toujours d’importantes réserves financières et profite notamment de la remontée des cours du pétrole provoquée par les tensions géopolitiques.
Le recours à l’emprunt pourrait ainsi répondre à une stratégie plus large : préserver les liquidités disponibles tout en continuant à financer les grands projets de transformation économique prévus dans le cadre de Vision 2030.
Ces investissements, qui doivent réduire progressivement la dépendance du royaume aux hydrocarbures, nécessitent des milliards de dollars de capitaux. Dans ce contexte, diversifier les sources de financement permettrait à Riyad de limiter la pression sur ses réserves et ses recettes pétrolières.
La démarche intervient donc à un moment délicat pour l’économie saoudienne. Entre ralentissement de l’activité, déficit budgétaire et perturbations liées au conflit régional, Riyad cherche à sécuriser ses finances tout en maintenant le rythme de ses ambitions économiques.
