La Côte d’Ivoire envisage de produire localement du carburant d’aviation durable (SAF) à partir du manioc à l’horizon 2028-2029. Le projet a été présenté le 3 septembre 2026 à Abidjan, à l’occasion de la restitution d’une étude de faisabilité commerciale conduite sous l’égide de l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC).
La filière envisagée repose principalement sur la transformation du manioc en éthanol, qui pourrait ensuite servir à produire du carburant destiné à l’aviation. La noix de cajou figure également parmi les matières premières étudiées pour évaluer les possibilités de production locale.
Le projet pourrait s’appuyer sur les installations existantes de la Société ivoirienne de raffinage (SIR), grâce à une technique de co-traitement visant à limiter les investissements nécessaires. Il s’inscrit dans le cadre du programme ACT-SAF de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), avec l’appui de la France.
Le savoir-faire local constitue un autre atout potentiel. L’entreprise Edindia Industry, cofondée par Edi Abé Valère et Frédérik N’Dia, travaille notamment à la transformation de résidus de manioc en bioéthanol. Son éventuelle participation comme fournisseur au futur projet reste toutefois à confirmer.
Malgré les perspectives annoncées, la production n’est pas encore acquise. Le projet doit notamment franchir plusieurs étapes liées à la certification, à la collecte et au transport des résidus agricoles, à l’encadrement réglementaire et à la mise en place d’une structure nationale de gouvernance.
Les carburants d’aviation durables sont présentés comme une solution pour réduire la dépendance du secteur aérien aux carburants fossiles. La concrétisation de cette initiative dépendra désormais des résultats des études et des conditions techniques, économiques et réglementaires nécessaires à son lancement.
