À Pakouabo, le projet planetGOLD Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or. Au cœur des discussions : l’accès au financement et aux équipements capables de réduire progressivement le recours au mercure.
Comment produire de l’or autrement sans fragiliser les revenus des exploitants ? C’est l’une des questions au cœur de l’Atelier annuel des Parties Prenantes 2026 de planetGOLD Côte d’Ivoire, organisé jeudi 10 septembre à Pakouabo, dans la région de la Marahoué.
Réunissant administration, collectivités, coopératives minières, institutions financières, compagnies minières, équipementiers, universitaires et société civile, la rencontre a porté sur les conditions d’une transition vers une exploitation aurifère plus propre, plus formelle et plus inclusive.
Le financement pour accélérer la transition
L’un des principaux obstacles identifiés concerne l’accès aux équipements modernes. Pour les coopératives, le coût d’acquisition de nouvelles technologies peut constituer un frein à la modernisation de leurs activités.
Le leasing d’équipements a ainsi été présenté comme une solution permettant aux exploitants d’utiliser des machines plus performantes sans supporter immédiatement le coût total de leur acquisition.
La question de la rentabilité des technologies sans mercure a également occupé une place importante dans les échanges. L’objectif est de montrer que l’abandon progressif du mercure peut aller de pair avec une amélioration de la productivité, plutôt qu’avec une hausse systématique des coûts.
Pour accéder aux financements et aux équipements, les acteurs de l’EMAPE devront toutefois renforcer la formalisation de leurs activités, la traçabilité de la production, la transparence financière et leurs compétences en gestion.
« Quand l’activité évolue, il faut accepter de passer à une étape supérieure », a souligné le président du Comité de pilotage de planetGOLD Côte d’Ivoire, Dr Franck Aimé Esso.
Produire autrement
Au-delà de la question économique, la transition répond également à un enjeu sanitaire et environnemental. L’utilisation du mercure et les pratiques d’exploitation anarchiques peuvent affecter les écosystèmes et exposer les populations à des risques sanitaires.
Le directeur du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), Professeur Yapo Ossey, a ainsi appelé les acteurs à davantage de responsabilité afin de préserver les ressources naturelles pour les générations futures.
Pakouabo, située dans la zone d’intervention de planetGOLD Côte d’Ivoire autour de Bouaflé, sert également de terrain à l’Approche Juridictionnelle et Paysagère, destinée à améliorer la coordination entre les acteurs de l’EMAPE et ceux chargés de la gestion durable des ressources.
À travers cette démarche, planetGOLD défend finalement un modèle fondé sur trois leviers : formaliser, financer et produire autrement. L’enjeu est de faire évoluer l’orpaillage artisanal vers une activité plus structurée, rentable et sûre, tout en réduisant son empreinte sur l’environnement.
