Le Maroc assure avoir prévenu l’Espagne des risques d’un afflux migratoire vers Ceuta avant la crise qui secoue actuellement l’enclave espagnole. Après plusieurs jours de tensions à la frontière, les autorités marocaines affirment avoir transmis des informations aux services espagnols concernant une forte augmentation des tentatives de traversée depuis les côtes proches de Fnideq.
Selon les autorités marocaines, des signaux inquiétants avaient été détectés plusieurs jours avant les événements. Rabat évoque notamment une forte mobilisation de jeunes candidats au départ et une circulation importante d’informations sur les réseaux sociaux encourageant les traversées vers Ceuta. Le gouvernement affirme avoir renforcé ses dispositifs de surveillance et alerté Madrid sur le risque d’une situation exceptionnelle.
Cette déclaration intervient après les critiques formulées en Espagne concernant le manque de communication du Maroc au début de la crise. Les autorités marocaines rejettent ces accusations et soutiennent qu’elles ont agi dans le cadre de la coopération sécuritaire habituelle entre les deux pays, tout en menant des opérations pour empêcher les départs irréguliers.
L’afflux migratoire vers Ceuta a provoqué une forte pression sur les centres d’accueil espagnols et mobilisé d’importants moyens de sécurité des deux côtés de la frontière. Les traversées ont également fait plusieurs victimes et laissé de nombreuses familles sans nouvelles de proches partis tenter de rejoindre l’enclave espagnole.
Rabat insiste sur le fait que cette crise ne résulte pas d’une volonté politique marocaine, mais d’une combinaison de facteurs sociaux, économiques et de l’action des réseaux de passeurs. Le gouvernement souligne que la majorité des personnes interceptées ont été reconduites vers le territoire marocain dans le cadre de la coopération avec l’Espagne.
Cette nouvelle prise de parole du Maroc vise aussi à préserver les relations avec Madrid, alors que les deux pays cherchent à éviter une répétition de la grave crise diplomatique de 2021, lorsque des milliers de migrants avaient pénétré à Ceuta en quelques jours. La question migratoire demeure plus que jamais un sujet sensible au cœur des relations entre le Maroc, l’Espagne et l’Union européenne.
