Le Syndicat des Acheteurs et Vendeurs d’Or et de Diamant de Côte d’Ivoire (SAVOD-CI) accélère sa stratégie de structuration du secteur extractif. Le 11 février 2026, le syndicat a officiellement investi deux nouveaux délégués dans le district du Sassandra-Marahoué. Un geste symbolique, mais surtout un signal clair : l’heure est à l’organisation, à la discipline et à la traçabilité.
Issiaka Belem prend les rênes du district du Sassandra-Marahoué. Konaté Aboulaye hérite de la délégation du Haut-Sassandra. Face aux autorités administratives, aux forces de défense et aux professionnels du terrain, les deux hommes ont reçu leurs parchemins d’investiture. Mission assumée : mettre de l’ordre dans une filière encore trop exposée aux circuits informels.
Faire le pont entre l’État et le terrain
Créé en juin 2025, le SAVOD-CI ne veut pas être un simple syndicat de plus. Il se positionne comme interface opérationnelle entre l’administration et les opérateurs légaux. Son président national, Brahima Soumahoro, l’a rappelé sans détour : les délégués devront être des interlocuteurs crédibles, constants et rigoureux.
Concrètement, cela signifie promouvoir la cohésion entre acheteurs, vendeurs et collecteurs, veiller au respect strict des textes en vigueur et accompagner les acteurs vers la conformité administrative totale. Pas de place pour l’improvisation.
Encadrer, formaliser, sécuriser
Le défi est connu. Fraude, contrebande, orpaillage clandestin, circuits parallèles… autant de failles qui grignotent les recettes publiques et fragilisent la réputation du pays sur les marchés internationaux.
La représentante de la Direction générale des Mines et de la Géologie (DGMG), Mme Dié Rita, a dressé un diagnostic lucide : sans traçabilité renforcée et sans encadrement local solide, la chaîne de valeur reste vulnérable. Les nouveaux délégués devront donc jouer un rôle de vigie. Sensibiliser. Former. Rappeler les règles. Et surtout, les faire appliquer.
L’objectif est limpide : réduire la fraude, assécher les circuits informels et professionnaliser durablement le commerce de l’or et du diamant.
Une pièce de plus dans la stratégie nationale
Après le district des Savanes, le Sassandra-Marahoué devient une nouvelle brique dans le maillage territorial du syndicat. Ce déploiement progressif traduit une vision : bâtir une filière responsable, intégrée et alignée sur les ambitions économiques nationales.
Dans un contexte de montée en puissance de la production aurifère ivoirienne, la structuration du négoce devient un enjeu stratégique. Plus de transparence, c’est plus de crédibilité. Plus de rigueur, c’est plus d’investissements. Et plus d’investissements, c’est plus de valeur captée localement.
Le SAVOD-CI avance. Pas à pas. Mais avec une direction claire : transformer un secteur encore fragmenté en un écosystème organisé, compétitif et résolument tourné vers l’avenir.


