Face à une situation politique et sécuritaire de plus en plus instable, le mandat du Conseil présidentiel de transition en Haïti est officiellement arrivé à terme sans avoir permis de stabiliser durablement le pays. Cet échec institutionnel amorce une nouvelle période d’incertitude, au moment où les défis politiques, sociaux et sécuritaires s’accentuent.
Le Conseil présidentiel de transition avait été mis en place dans l’objectif de diriger le pays vers des élections et de restaurer l’autorité étatique après des mois de violences et d’effritement de l’ordre public. Toutefois, il n’a pas réussi à imposer sa feuille de route, en grande partie à cause de la montée en puissance des groupes armés et de l’absence de consensus politique autour de sa légitimité et de ses priorités.
La situation sécuritaire reste critique, avec une présence croissante de gangs qui détiennent de larges pans du territoire, y compris dans la capitale Port-au-Prince. Les affrontements entre factions armées, les enlèvements et les attaques contre les populations civiles se multiplient, exacerbant le sentiment d’insécurité et fragilisant l’activité économique.
Dans ce contexte, de nombreux acteurs politiques, sociaux et religieux appellent à une sortie de crise concertée, tandis que d’autres dénoncent l’inefficacité du Conseil présidentiel de transition. L’absence de solutions concrètes pour organiser des élections crédibles laisse planer un fort risque de blocage institutionnel, avec un vide de pouvoir qui pourrait encourager davantage l’anarchie et la fragmentation du pays.


