Les autorités iraniennes ont affirmé, lundi 12 janvier 2026, être « préparées à la guerre » tout en se disant ouvertes à des négociations avec les États-Unis, après des menaces d’intervention de Washington liées aux manifestations qui secouent le pays, depuis deux semaines contre la cherté de la vie, rapportent des médias internationaux.
Téhéran « ne cherche pas la guerre mais est tout à fait préparé pour la guerre », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d’une conférence réunissant des ambassadeurs étrangers à Téhéran. Il a toutefois précisé que son pays restait disposé à engager des discussions « équitables, fondées sur l’égalité des droits et le respect mutuel ».
Ces déclarations interviennent au lendemain de propos du président américain Donald Trump, qui a évoqué une possible intervention de Washington si les forces de sécurité iraniennes ouvraient le feu sur les manifestants, « comme à leur habitude », tout en indiquant que Téhéran aurait exprimé une volonté de dialogue.
En réaction, Ali Larijani, conseiller du guide suprême iranien, a averti que son pays riposterait à toute atteinte à sa « sécurité nationale », dénonçant ce qu’il a qualifié de « main interventionniste étrangère » visant à déstabiliser le régime.
Selon l’ONG iranienne Hrana, plus d’une cinquantaine de personnes ont été tuées lors des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont également procédé à l’arrestation d’au moins 10 000 manifestants. De son côté, l’ONG Iran Human Rights fait état d’un bilan plus lourd, évoquant près de 200 morts.
Par ailleurs, l’ONG NetBlocks a signalé une coupure quasi totale de l’internet dans le pays depuis jeudi, évoquant « une censure numérique renforcée destinée à entraver la mobilisation et la diffusion d’informations sur les manifestations ».
Samedi, les autorités iraniennes ont assuré que les infrastructures stratégiques et les biens publics restaient intacts, appelant la population à faire échec aux « complots de l’ennemi », en référence à des puissances étrangères accusées de chercher à déstabiliser le pays.
Vendredi, Amnesty International avait dénoncé un « blocage délibéré » de l’accès à internet à l’intérieur du pays, estimant qu’il visait à « dissimuler l’ampleur des graves violations des droits humains ». L’organisation a rappelé que l’accès à internet constitue « un droit fondamental, en particulier en période de contestation ».


