L’Annuaire statistique 2025 du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) met en évidence des avancées et des défis persistants en matière de protection sociale, avec plus de 10 000 cas de violences basées sur le genre recensés et plusieurs centaines de milliers de personnes sensibilisées à l’échelle nationale.
Présentant les principaux résultats par vidéoconférence lors de la cérémonie officielle tenue au Casino Barrière du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le directeur de la planification, des études et de la documentation du MFFE, Sylla Losseni, a indiqué que plus de 517 000 personnes ont été sensibilisées en 2025 sur les violences basées sur le genre (VBG), tandis que 10 747 cas ont été enregistrés et pris en charge, dont 841 cas de viol.
Selon lui, les femmes représentent la majorité des survivants, tandis que les enfants constituent 36% des cas suivis. Les zones les plus affectées restent le district d’Abidjan, le Sud-Comoé, le Gbêkê et le Haut-Sassandra, des données qui orientent les interventions du ministère.
S’agissant de la protection de l’enfant, l’annuaire relève que 384 000 personnes ont été sensibilisées sur les violences et négligences, avec 6 926 enfants victimes pris en charge. Par ailleurs, plus de 257 000 enfants vulnérables ont bénéficié de services d’accompagnement, tandis que 1 794 enfants en situation de rue ont été identifiés et assistés, majoritairement âgés de 11 à 15 ans. Près de 22 000 enfants ont également été encadrés dans les structures de la petite enfance.

En matière d’autonomisation des femmes, les données indiquent que plus de 366 000 personnes ont été sensibilisées et accompagnées. Le Fonds national « Femmes et Développement » a permis de financer 1 994 femmes en 2025, portant à 10 091 le nombre total de bénéficiaires, pour un montant cumulé de 4,1 milliards de FCFA.
Concernant la promotion de la famille, 3 573 couples ont bénéficié de séances d’écoute, 3 100 familles vulnérables ont été assistées et plus de 3 000 membres de familles formés sur des thématiques telles que la gestion du budget familial et la communication.
M. Sylla a précisé que ces résultats reposent sur un dispositif de collecte structuré, avec un taux de transmission des données supérieur à 90%, garantissant la fiabilité des informations exploitées pour l’élaboration des politiques publiques.
Intervenant également par vidéoconférence, la coordinatrice résidente du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Hélène N’Garnim-Ganga, a salué un document de référence « permettant d’éclairer la prise de décision, d’orienter la planification et de renforcer la redevabilité ».
Elle a souligné que ces données mettent en lumière à la fois les vulnérabilités et les progrès enregistrés, tout en appelant à un renforcement de l’interconnexion des systèmes statistiques pour une action publique plus efficace.
Élaboré par la Direction de la planification, de l’évaluation et de la documentation (DPED), l’annuaire statistique 2025 constitue un outil de pilotage et de suivi des politiques publiques en faveur des femmes, des enfants et des familles. Sa présentation officielle s’est déroulée en présence de membres du gouvernement, de partenaires techniques et financiers ainsi que d’acteurs de la société civile.